Le Québec envisage d’interdire la détention de Pitbulls sur l’ensemble du territoire

La ville de Québec vient d’instaurer la mesure suite au décès d’une femme mortellement mordue par un Pitbull

Au Québec, le décès d’une femme mordue mortellement par un Pitbull le 8 juin sur l’île de Montréal relance le débat concernant l’interdiction de ces chiens. Accident tragique qui coûte la vie à une femme, endeuille ses proches et émeut de près ou de loin les êtres sensibles que nous sommes. Une telle horreur ne devrait plus être.

Une interdiction radicale de détenir un Pitbull énoncée par le maire de Québec

C’est également le sentiment retenu par la ville de Québec qui annonce son passage à l’acte. Radio-canada relaye en effet dans la foulée que le maire de Québec, Régis Labeaume a fait savoir qu’à compter du 1er janvier prochain « il sera interdit à toute personne de garder ou d’avoir en sa possession ce type de chien » et a précisé par voie de communiqué que les propriétaires de pitbulls possèderont « un délai de six mois pour respecter la réglementation et se départir de leur chien ». Cette interdiction devrait sans doute s’élargir dans l’ensemble du Québec.

Pour mieux comprendre les enjeux relatifs à cette question, prenons l’exemple de la loi française.

Comment la loi française sur les chiens dangereux a-t-elle été motivée ?

La loi sur les chiens dangereux est apparue au départ en France en 1999 pour légiférer sur la délinquance associée à l’utilisation de chiens dressés pour agresser, entre autres termes, instrumentalisés pour devenir « des armes par destination ».

Ces chiens présentant globalement des morphotypes molossoïdes puissants avec en première ligne les Pitbulls. La morphologie de ces animaux étant désignée par le législateur comme un signe précurseur du risque sans qu’aucune étude statistique ni génétique ne soit venue confirmer cet argument.

Qui sont les Pitbulls ?

En France sont communément nommés Pitbulls les chiens assimilables par leurs caractéristiques morphologiques aux chiens de race American staffordshire terrier sans être inscrits à un livre généalogique reconnu par le ministère d’Agriculture et de la Pêche.

Ces chiens peuvent donc aussi bien correspondre à des American Staffordshire terriers sans papiers (non inscrits à un livre officiel par absence de déclaration de naissance) qu’à des croisements de races. Pour exemple, le croisement d’un Boxer avec un Labrador peut donner naissance à un chien dont les caractéristiques morphologiques permettront de le catégoriser comme Pitbull.

Au Canada, le Pitbull n’est pas non plus reconnu comme une race. Le Pitbull en tant que race est en fait originaire des Etats-Unis où il est dénommé American Pitbull terrier.

A cheval sur les 19 ème et 20 ème siècles, ces chiens constituaient des chiens de combat qui luttaient dans les arènes (Pit) contre les taureaux (Bull) et les ours pour divertir la population. De nos jours, certaines personnes continuent malheureusement de pratiquer ces jeux pourtant jugés cruels, condamnant l’avenir de ces animaux.

L’aspect de l’American Pitbull terrier est très proche de celui de l’American Staffordshire terrier, les deux races ayant la même origine.

Une interdiction qui risque d’engendrer d’autres problèmes

Le drame terrible qui s’est tenu à Montréal vise encore un type de chiens en particulier alors que l’accident médiatisé pourrait être sans aucun doute le fait de n’importe quel chien d’un autre type ou d’une autre race. De fait, l’annonce des mesures d’interdiction du Pitbull au Canada n’est pas sans lever différentes interrogations.

Si ce chien avait été un Malinois, les sanctions envisagées envers leurs propriétaires auraient-elles été similaires ?

Va-t-on interdire toutes les races qui par croisement sont susceptibles d’engendrer des chiens pouvant être catégorisés comme des Pitbulls en raison de caractéristiques morphologiques semblables?

La problématique initiale (interdire un type de chiens) ne risque-t-elle pas d’être déplacée, orientant ceux qui souhaiteraient détenir un chien puissant pour en désorganiser les séquences comportementales vers une autre morphologie similaire de chiens qui serait à son tour concernée par une interdiction d’être ?

Que va-t-il se passer pour les maîtres citoyens et responsables qui possèdent des Pitbulls équilibrés et bien éduqués, leur chien qu’ils considèrent la plupart du temps comme un membre de la famille va-t-il leur être purement et simplement retiré ?

En conclusion

Dans un contexte sociétal où les morsures sont devenues un enjeu public, des décisions à chaud devraient être évitées d’être prises sans la concertation de professionnels avisés qui se trouvent tous les jours au contact de chiens ou qui ont sérieusement travaillé sur le sujet des morsures canines. Pouvant s’agir aussi bien de médecins, de vétérinaires dont les vétérinaires comportementalistes, d’épidémiologistes, d’éducateurs canins, d’éleveurs que des diverses instances des professionnels du chien…

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