Adoption d’un chien adulte

Les thèmes abordés

Adopter un chien adulte nécessite-t-il des conseils particuliers ? Un changement de famille pour un chien est-il gênant ? Un chien peut-il changer plusieurs fois de maître ? Un temps d’adaptation est-il nécessaire lors d’adoption d’un chien adulte ? Faut-il mieux adopter un chien dans un refuge ou chez des particuliers ? Un chien adopté à l’âge adulte présente-t-il plus de problèmes de comportement ?

Autant de questions que vous vous posez peut-être. Les conseils qui suivent devraient vous aider à y voir plus clair :

Choisir d’adopter un chien adulte

L’adoption d’un chien adulte est souvent évoquée par les personnes recherchant un chien déjà éduqué, pour réaliser une bonne action en remédiant à un acte d’abandon, pour une personne avancée en âge qui a peur de partir avant son animal et qui souhaite la compagnie d’un chien…

Mais un chien adulte possède souvent déjà une histoire …

Une question importante qui se présente alors, est : comment être sûr de ne pas avoir de problème en adoptant un chien adulte ? Notamment lorsqu’on est une famille avec des enfants.

 

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Est-il raisonnable d’adopter un chien adulte dans une famille et existe-t-il des risques d’agression ?

Heureusement, la plupart des adoptions de chiens adultes se passent sans problème à condition de respecter certaines règles.

La majorité des associations de protection animale connaissent bien leurs chiens, soit que leur histoire est connue, soit qu’ils se trouvent là depuis longtemps, hélas ! Ces indices peuvent aider à l’insertion du chien dans sa nouvelle famille.

Tout type de famille peut prétendre adopter un chien adulte mais celles où il existe des enfants en bas âge devront être beaucoup plus vigilantes, en l’absence d’historique connu concernant le chien. En particulier, celui-ci doit être habitué aux enfants et ne pas en avoir peur.

Importance de l’examen clinique lors d’adoption d’un chien adulte

Le chien adulte adopté présente-t-il des antécédents médicaux ? Possède-t-il des problèmes d’ouïe ? De vue ?

Le contrôle d’un chien à l’adoption par un vétérinaire devrait être systématique, comme l’exige désormais la loi avant toute cession (Loi du 20 juin 2008).

Il faut garder à l’éprit que toute maladie est susceptible d’entraîner de l’agressivité.

Exemples :

• Un chien qui présente des problèmes de vue peut devenir agressif parce qu’il interprète mal les signaux (gestes, postures du maître).

• Un chien qui a des douleurs (otite, arthrose) peut tout à coup se mettre à mordre (souvent par anticipation).

• Un chien qui a développé une hypothyroïdie (fonctionnement défaillant de la glande thyroïdienne) peut présenter des difficultés à gérer ses émotions.

Insertion du chien adulte dans la famille

Réussir l’adoption d’un chien adulte

Un chien de meute qui a été chassé de son groupe et se retrouve seul peut être comparé à un chien abandonné.

Prenons exemple sur ce qui se passe dans la nature pour réussir l’adoption de notre nouveau compagnon.

L’exclusion d’un chien par ses congénères, pousse celui-ci à essayer d’intégrer une nouvelle meute.

Tous les membres de cette nouvelle famille vont commencer par le repousser, en le renvoyant en périphérie du groupe.

Il ne pourra pas incorporer d’emblée le centre du groupe.

Son intégration se réalisera progressivement sous l’influence des nouvelles règles qui lui seront inculquées par chaque individu de son nouveau groupe.

Cette mise à l’écart est l’occasion pour le chien d’observer et de respecter les différents rituels de chacun et du groupe tout entier.

Cela lui permettra d’acquérir ses repères au sein du groupe.

C’est pourquoi, un temps d’adaptation est toujours nécessaire pour un chien adulte qui intègre une nouvelle famille. Les habitudes de ce nouveau groupe sont différentes, tout comme la manière d’interagir ou de communiquer ou plus simplement la façon d’être. Cela peut parfois générer une anxiété passagère qui doit bien sûr s’estomper rapidement. Si ce n’est pas le cas, il est impératif d’en parler à votre vétérinaire.

On comprendra aisément qu’un chien peut changer plusieurs fois de maître s’il trouve dans son nouveau groupe ou sa nouvelle famille des repères apaisants (une communication claire facilitant l’obéissance ainsi que des émotions positives cultivées par des activités sereines partagées et des relations harmonieuses) fondés sur un attachement et des liens affectifs de qualité (pour ne pas dire un amour structurant). Ceci d’autant plus que le chien aura à souffrir de carences ou de défaillances émotionnelles (en lien avec des prédispositions génétiques et/ou un développement défectueux ayant fait le lit d’un comportement anxieux ou encore un passé maltraitant).

Adopter un chien adulte auprès d’une association de protection animale

De nombreuses adoptions auprès d’associations de protection animale se soldent par un retour au refuge.

Il est urgent de rectifier nos erreurs et de changer notre façon d’intégrer ce nouveau chien au sein de notre famille.

Pour cela, il faut raisonner “chien”.

Un chien qui intègre une nouvelle famille sans en connaître les règles, et qui reçoit une correction à la moindre infraction, connaît une situation de grand stress.

Notre attendrissement, à juste titre, devant le vécu d’un chien abandonné nous faire souvent transgresser certaines règles.

Ainsi en cas d’adoption, nous avons tendance à placer trop rapidement l’animal au centre de toutes les attentions.

Il faut alors essayer de raisonner selon les règles de l’organisation sociale d’un groupe canin. Les conseils qui suivent en détaillent les tenants et les aboutissants.

Conseils vétérinaires lors d’adoption d’un chien adulte

Le chien est d’abord un être d’attachement qui doit pouvoir trouver dans sa relation avec son maître confiance et épanouissement. Les activités en commun, les jeux, les promenades doivent être fréquents et variés. Le chien qui est un être social avant tout doit pouvoir être actif et interagir avec des individus variés, qu’il s’agisse de chiens ou d’humains, et même de chats… L’ennui, la solitude, la frustration sont autant de paramètres qui peuvent contrarier une relation harmonieuse avec son propriétaire.

Les lois de « l’organisation sociale canine » nous semblent souvent dures et strictes, elles sont bien connues des vétérinaires qui sauront vous guider avant l’adoption.

Les règles qui sont décrites ci-dessous peuvent s’assouplir pour le chien adulte si une structure existe autour de l’accès aux ressources (alimentation, contrôle de l’espace, gestion des interactions), notamment par le biais des autorisations et des interdits mis en place mais également en fonction du tempérament du chien (en particulier, un chien avec un fort caractère devra bien comprendre que son maître décide pour lui et conduit le groupe) et de la clarté de la communication entre le chien et son maître (le maître devra toujours s’assurer que le chien a bien compris ses intentions).

Globalement les règles servent à donner des repères et des limites au chien, qui vont contribuer à l’apaiser. Ainsi rassuré, le chien pourra déployer tout son potentiel affectif dans des relations stables et sereines avec son maître.

Nos conseils concernant l’organisation des repas :

• Il est préférable que le chien attende la fin du repas de toute la famille pour obtenir le sien (ou manger en horaires décalés). S’il doit manger avant, il est important de le faire asseoir avant d’obtenir son repas ou de le faire obéir mais toujours dans le calme. Dans tous les cas, il ne faut pas l’habituer à lui donner à manger à table. Si on le souhaite, on pourra lui donner les restes de table dans sa gamelle. Le chien doit comprendre que le repas reste l’initiative du maître et il doit pouvoir attendre pour l’obtenir. Votre chien peut tout à fait assister à votre repas, cela est même bénéfique pour la compréhension des règles et de sa position dans le groupe. Cela est d’autant plus important si la ressource alimentaire a une forte connotation de privilège pour le chien, en particulier celui qui aura un tempérament affirmé ou une tendance à revendiquer ce privilège.

• Le fait de ne pas contrôler l’accès à la nourriture lui permettra de comprendre ce message : “Je me trouve dans un nouveau groupe qui accepte de me nourrir. Je dois obéir à ses ordres parce que ceux qui dirigent mangent avant et puisque le groupe me dirige, il me protège. Je peux donc me rassurer auprès de lui. Je suis ici en sécurité”. Le chien qui perçoit ce message se sent accepté et protégé.

Nos conseils concernant l’organisation de son espace de vie :

• Certains accès de la maison doivent lui être interdits.

• Son panier (avec un matelas confortable) doit être disposé dans un coin non stratégique (duquel il ne peut pas contrôler les allers et venues) : exclure les entrées, les couloirs et les lieux de passage.

• Ainsi on lui fera comprendre qu’il n’a pas à surveiller le groupe et que dans cette nouvelle maison, il peut se reposer sans à rien avoir à gérer.

• Il n’aboiera pas à la moindre stimulation et ne gémira pas à chaque déplacement des différents membres de la famille.

• Tant pis pour son travail de garde, celui-ci ne débutera que quelques semaines après son intégration.

Nos conseils concernant la gestion des interactions :

• Il faudra privilégier l’initiative des contacts et ne pas répondre d’emblée à ses sollicitations. En particulier, il est important que votre chien sache s’asseoir et attendre, deux ordres de base qui sont indispensables pour obtenir de lui contrôle et obéissance.

• Il est préférable que les moments de jeux, de câlins, et d’interaction en général soient initiés par le maître. Ceci d’autant plus que le chien aura un fort tempérament.

• De la même manière que pour nourrir votre animal, apprenez-lui dans tous les cas à attendre ou n’attendez-pas qu’il vous réclame. S’il vous sollicite le premier, demandez-lui de s’asseoir : il comprendra qu’il est obéissant s’il s’exécute correctement puis occupez-vous de lui.

• Appelez-le pour initier des moments d’activité complice par les caresses, mais également le jeu, les promenades… La relation se bâtira ainsi dans la confiance et n’en sera que plus forte. La caresse, la friandise, le réconfort verbal (parler-bébé) sont compris comme des récompenses pour le chien qui sont associées à des émotions positives.

• Si votre chien vous sollicite trop, envoyez-le dans son panier calmement et proposez-lui une occupation : bois de cerf à mastiquer, os à mâcher, kong avec friandises…

Attention 

Tous ces conseils ne s’appliquent pas à un chiot de moins de 3 mois qui nécessite un être d’attachement dès le premier jour. Ce dernier représente sa base de sécurité auprès de laquelle il trouve son apaisement. Ce confort affectif et émotionnel qui est le ciment de son équilibre permet au chiot de partir à la découverte de son environnement avec sérénité tout en développant ses facultés sensorielles et ses capacités d’adaptation.

Docteur Laurence Dillière Lesseur, Vétérinaire Comportementaliste

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