Les techniques d’imagerie médicale vétérinaire chez le chien

La radiographie chez le chien

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La radiographie détient le monopole de l’imagerie médicale jusqu’en 1970, en devenant l’application directe des rayons X, découverts le 8 novembre 1895.

La plupart des vétérinaires possèdent un appareil de radiographie, mais une législation drastique et récente en matière de radioprotection conduit certaines structures à supprimer leur installation. De sorte, que l’avenir comprendra certainement des structures spécifiquement dédiées à l’imagerie médicale vétérinaire, comme tel est déjà le cas, en médecine humaine. Celles-ci regroupant, à terme, l’ensemble des techniques existantes.

• La radiographie est une technique rapide et relativement peu onéreuse. Elle est réalisée lors d’une consultation chez le vétérinaire.. L’image radiographique constitue une représentation en deux dimensions d’une structure du corps du chien, qui elle, est en trois dimensions. Sur le cliché obtenu, on visualise donc les divers organes du chien traversés par les rayons X, qui se superposent les uns aux autres.

• La radiographie est une technique qui présente cependant des limites. Elle ne permet pas, notamment, de visualiser des structures du corps possédant des densités proches, comme deux organes de même densité, situés l’un contre l’autre, ou comme le contenu des organes par rapport à leur contenant. Elle ne permet, en effet, de distinguer que cinq densités de structure.

• La radiographie est une technique utilisable en première intention, dans de nombreux cas chez le chien. Elle permet principalement l’identification des affections pulmonaires et osseuses, mais elle est également utilisée lors d’ingestion de corps étrangers radio-denses (aiguille de couture, par exemple). On obtient par ailleurs une meilleure visualisation du contenu abdominal si le chien est gras. Enfin, l’utilisation d’un produit de contraste facilite l’examen des cavités naturelles (tube digestif, vessie…).

L’échographie chez le chien

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L’échographie vient en complémentarité de la radiographie, tout en étant, à l’inverse de cette dernière et du scanner (qui utilisent les rayons X), d’une innocuité totale, tant pour le patient que pour l’opérateur. En effet, la technique est uniquement basée sur la réflexion des ultrasons par les organes.

• L’échographie est donc une  technique indiquée pour l’étude des milieux liquides et des tissus mous présents dans l’organisme. Tous les organes de l’abdomen, creux ou pleins peuvent être, ainsi, examinés (tube digestif, système urinaire, foie et rate, utérus pour un diagnostic de gestation par exemple). Comme elle permet de distinguer le contenu du contenant des organes, elle est également utilisée pour l’examen du thorax et de l’œil du chien.

• Au contraire de la radiographie et du scanner, l’échographie permet de visualiser un organe en mouvement (par exemple le cœur, d’où un immense champ d’application en cardiologie) ou le mouvement des liquides du corps (comme le sang). Si le chien bouge, cela ne constitue pas non plus un obstacle à l’examen.

• L’échographie s’élargit également à l’étude des muscles et du squelette ainsi qu’à celle des articulations.

• Enfin, la technique permet de guider par l’image des prélèvements réalisés au niveau des organes (biopsie écho guidée), ce qui permet de préciser davantage le diagnostic.

Le scanner chez le chien

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Le scanner utilise, comme la radiographie, les rayons X, mais l’image en noir et blanc, obtenue par traitement informatique des données, représente une tranche de corps traversée, avec dé-superposition des structures présentes sur celle-ci.

Ainsi, on a pu observer pour la première fois, en 1973, le cerveau à l’intérieur de la boîte crânienne.

• Par ailleurs, la technique permet de visualiser un nombre beaucoup plus élevé de densités de structures. Elle permet entre autres, de distinguer des tissus mous de densité sensiblement similaire, entre eux.

• Presque toutes les parties du corps du chien peuvent être explorées avec le scanner. En particulier, les tumeurs nasales, fréquentes chez le chien, peuvent être par ce biais, localisées avec précision, permettant d’affiner le traitement, de manière adaptée à chaque cas. D’une façon générale, le scanner a considérablement amélioré l’étude des tumeurs et le dépistage des métastases. En effet, 90 % de ces dernières identifiées au scanner sont invisibles à la radiographie. Elles sont visibles dès 1 mm de diamètre. Il constitue l’examen de choix pour l’examen du cerveau et de la colonne vertébrale.

• En revanche, l’utilisation du scanner nécessite une anesthésie générale du chien, car elle ne tolère pas les mouvements. Sa faible disponibilité (peu de machines en France) rend l’examen plus rare. Mais le scanner est plus polyvalent et moins onéreux que l’imagerie par résonance magnétique (IRM).

L’IRM chez le chien

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L’imagerie par résonance magnétique ou IRM, développée initialement pour l’étude du système nerveux et à présent pour l’ensemble des parties du corps, permet d’obtenir des images en coupe, voire en trois dimensions d’un organe chez le chien. L’IRM associe un puissant champ magnétique à des ondes électromagnétiques appliquées de façon variable, sans danger d’irradiation pour le chien. Les images des tissus mous que l’on obtient sont meilleures qu’avec le scanner.

• L’IRM demeure la technique de choix en neurologie lors d’une suspicion de lésion cérébrale (tumeurencéphaliteaccident vasculaire ischémique, lésion inflammatoire) ou de la moelle épinière (masse, corps étranger, tumeur).

• L’IRM est par ailleurs indiquée pour l’examen des cavités nasales, des régions des yeux et des oreilles (otites moyenne et externe) ainsi que des membres (masses anormales présentes).

• Comme pour le scanner, l’examen se réalise sous anesthésie générale du chien.

• Le recours à l’IRM permet de confirmer l’existence d’une lésion (localisation ou nature). Le scanner est préféré pour l’exploration des os, mais l’IRM est plus performante pour étudier les tissus mous.

• L’avènement des machines à bas champ magnétique, beaucoup moins coûteuses, contribue à l’expansion de cette technique d’imagerie en médecine vétérinaire.

La scintigraphie chez le chien

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La scintigraphie est une technique d’imagerie médicale également utilisée en médecine vétérinaire qui renseigne sur les capacités de fonctions de certains organes et tissus chez le chien.

La scintigraphie consiste à injecter chez le chien une substance radioactive dans un organe ou un tissu. Les radiations émises par la substance qui va circuler et se fixer sur certaines zones, seront captées par une caméra spécifique qui produira une image de la zone à explorer.

La scintigraphie est principalement indiquée en cas d’hyperthyroïdie chez le chien pour la recherche d’insulinomes pancréatiques ou de métastases osseuses (lors de cancers de l’os), la mise en évidence de malformation des vaisseaux du foie, l’évaluation de la fonction rénale.

Docteur Laurence Dillière Lesseur, Vétérinaire Comportementaliste

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