Mon chien fugue

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La fugue : un motif fréquent en comportement chez le chien

chien-fugueur

Si la fugue est un motif fréquent, elle n’est pas toujours anodine et à ce titre peut nécessiter une véritable consultation de comportement. Lors de fugue, certains chiens reviennent d’eux-mêmes, d’autre pas.

En général, ce comportement n’est pas pathologique, il est gênant, avec des répercussions matérielles plus ou moins importantes : des saillies non désirées, des destructions de clôtures, des poubelles éventrées, la cause d’accidents dont des morsures…

Parfois, la fugue est révélatrice d’un trouble du comportement chez le chien.

Causes de la fugue chez le chien

Une motivation d’ordre sexuel chez le chien fugueur

Les fugues sont en général cycliques.

Chez le chien mâle

Il s’agit de fugues fréquentes sources de conflit quand il s’agit de rejoindre la chienne du voisin. Durant toute la période des chaleurs de la femelle, le chien hurle, gémit, mange peu et n’est obsédé par une seule chose : fuguer pour aller rejoindre la chienne.

Chez la chienne

Le retour se fait souvent de façon spontanée. La chienne fugue pour se promener avec ses différents prétendants. Plusieurs saillies ont souvent lieu.

Une promenade pour le chien fugueur

Le chien retrouve toutes les sensations synonymes de plaisir. Il peut s’agir de jeux avec des congénères, d’exploration (attirance par toutes sortes d’odeurs), de recherche de nourriture (dans les poubelles ou auprès de personnes).

L’occasion de chasser pour le chien fugueur

Les fugues à la campagne ou dans les bois sont souvent source de chasse individuelle (volaille ou petit à moyen gibier) ou en groupe (attaque de cheptels de moutons, de chevaux…).

Un attachement insécure pour le chien fugueur

Un attachement de mauvaise qualité est souvent le corollaire des causes précédentes ou le motif isolé de la fugue.

Il s’agit souvent de :

Chien laissé seul dans un jardin des journées entières

Quand il y a un trouble de la communication entre le chien et ses maitres, par défaut d’attachement, le chien a tendance à suivre n’importe qui ou à s’en aller sans raison apparente.

Chien fuguant en l’absence du maître

À l’inverse, quand le chien est trop attaché à son maître, le chien peut fuguer pour le retrouver.

Chien fuguant même en présence du maître

C’est le cas des chiens mal attachés à leur groupe social ou des chiens hyperactifs qui ne contrôlent pas leurs comportements.

Une attaque de panique chez le chien fugueur

Des stimulations aversives peuvent déclencher des fugues.

• Elles peuvent être identifiables : un orage, un feux d’artifices ou des pétards par exemple.

• Elles peuvent ne pas être identifiables : certains troubles liés aux mauvaises conditions de développement et certains stades de phobies.

Un dysfonctionnement cognitif chez le chien fugueur

Un vieillissement anormal du cerveau, à l’instar de la maladie d’Alzheimer chez l’humain, peut générer une perte des repères spatiaux et temporels. Une première fugue chez un animal âgé doit toujours alerter dans ce sens son maître qui doit en parler à son vétérinaire. Des traitements existent !

Attention une tumeur cérébrale peut entraîner le même type de symptômes chez le chien. C’est pourquoi, dans tous les cas, un examen médical par un vétérinaire est nécessaire.

Facteurs favorisants la fugue chez le chien

Les punitions infligés par le maître

Au départ de la fugue du chien

Si le maître est présent pour appliquer la punition (elle n’est pas produite à distance et le chien fait ainsi le lien avec la présence du maître), alors le chien fuguera tout de même mais attendra que le maître ne fasse plus attention à lui pour fuguer.

Au retour de la fugue du chien

Pour éviter la punition, le chien ne revient pas ou revient en cachette.

En cours de fugue du chien

Le chien se laisse de moins en moins récupérer au fur et à mesure des fugues successives (ou devient agressif) car il se fait de toute façon sanctionner à chaque fois, malgré ses signes de soumission qui sont en général interprétés comme un aveu de culpabilité par les maîtres.

Les renforcements à l’extérieur

L’extérieur est rempli de stimulations diverses qui incitent le chien, à chaque fugue, à recommencer la fois suivante. On les appelle des renforcements positifs ou récompenses. Ces récompenses augmentent la probabilité que le chien répète le même comportement la fois suivante en présence des mêmes stimulations.

Les stimulations peuvent être :

• Des activités fortement stimulantes pour le chien : la chasse, des jeux.

• Des récompenses alimentaires : les poubelles, un nourrissage par des personnes.

• Des contacts sociaux gratifiants : une rencontre avec des congénères ou des humains “amis”.

Eléments permettant d’appréhender la capacité du chien à revenir

Profil de chien revenant toujours après un temps plus ou moins long

• Les chiens sans trouble émotionnel particulier.

• Certains chiens hypersensible/hyperactif ou chien avec des craintes s’étant développées dans le très jeune âge : une phobie s’étant installée dans la petite enfance du chien par exemple.

Profil de chien ne revenant pas

Le chien ne revient pas par peur de revenir

Lorsque le chien a été régulièrement corrigé à son retour. Les signes de soumission émis par le chien encouragent les maîtres à le sanctionner.

Le chien ne revient pas par incapacité à revenir

Lors de difficultés d’orientation par mauvaise intégration et mauvais traitement par le cerveau des informations environnementales.

Dysfonctionnement cognitif du chien âgé : la fugue est l’un des premiers signes qui doit alerter les maîtres !

• Chien hypersensible/hyperactif .

• Chien manquant de repères pour rentrer seul.

Le chien ne revient pas par défaut de motivation pour revenir

Cela peut être un mauvais attachement du chien à son groupe.

Solutions contre les fugues de mon chien

Rappelons que le maître est responsable de son chien et que la divagation de ce dernier représente un danger passible d’amende. Que la fugue soit considérée comme normale ou associée à un trouble, elle doit être évitée.

Solution 1 : le vétérinaire

Une visite chez un vétérinaire comportementaliste ou compétent en comportement permet de prendre en charge un trouble comportemental à l’origine du problème.

Attention aux méthodes coercitives en général et en particulier lors de trouble émotionnel. Celles-ci peuvent donner des résultats désastreux en aggravant un éventuel trouble. Elles sont toujours à déconseiller en première intention.

Lorsqu’un trouble de la communication a été diagnostiqué par le vétérinaire, la réalisation d’activités de groupe avec le chien et sa réintégration dans le foyer peuvent donner des résultats spectaculaires.

Solution 2 : la castration du chien

La castration (ou stérilisation) est indiquée et donne des résultats que lorsque la motivation de la fugue est sexuelle.

Solution 3 : l’éducation du chien

Rappelons qu’un chien est un être sensible ayant besoin d’activités. La première cause de fugue est souvent un manque d’activités.

Avant de chercher à empêcher les fugues, il faut peut-être trouver des possibilités pour augmenter l’activité de son chien en le sortant davantage ou en enrichissant son milieu de vie (lui proposer des kongs, des puzzle-feeders, des jeux variés par exemple).

Par ailleurs, en matière d’éducation sensu stricto, il y a des choses à faire ou à éviter :

La récompense

Il est impératif de féliciter le chien à son retour, quel que soit :

• Le moment du retour : quand on le rappelle au moment où il part, quand on le rattrape durant la fugue, quand il revient seul.

• L’état émotionnel du maître (colère, peur, joie…) : les signaux de soumission de chien ne prouvent pas qu’il sait qu’il a mal fait ! Le chien n’associe pas la punition du retour à sa fugue. Il essaye d’apaiser le courroux de son maître.

La disruption

Cela concerne tout ce qui permet de détourner l’attention du chien au moment du départ.

Ce qui implique que le maître soit présent et voit son chien partir. On pourra utiliser un collier disruptif à spray indolore Master Plus par exemple.

Pour être efficiente, la disruption doit être suivie d’un rappel et d’une récompense.

collier-disruptif-spray-indolore-Master-Plus

La punition

La punition doit intervenir au moment du départ et fait principalement appel à un matériel à impulsion électrique.

• Le collier électrique : il est à déconseiller (impulsion douloureuse). De plus, comme le collier disruptif, il nécessite également la présence du maître. Si son utilisation doit tout de même être envisagée, nous recommandons de faire appel à un professionnel maîtrisant son utilisation pour l’apprentissage.

• Les clôtures électrifiées : elles agissent souvent très efficacement sur la fugue mais peuvent engendrer des phobies véritables au point de faire anticiper certains chiens (refus de sortir en entendant les impulsions de la batterie). Attention donc !

• Le fil antenne avec collier à impulsion électrique : le chien porte un collier qui impulse une décharge électrique à l’approche du fil. Un signal sonore préventif précède la décharge électrique. De même que pour les clôtures électrifiées, seuls des chiens très équilibrés répondent bien à ce type de traitement qui permet également un apprentissage indépendamment de la présence du maître. Les restrictions sont les mêmes que pour tout matériel à impulsion électrique.

Les moyens d’enfermement ou de mise à l’attache

Ce ne sont jamais des outils résolvant les causes, il faut bien en avoir conscience. On conseille plutôt de les envisager à court terme.

• La clôture : elle est souvent déficiente.

• L’enclos grillagé : cela peut être la solution mais l’enclos doit être assez grand.

• La mise à l’attache du chien : pour que cette solution soit envisageable en maintenant le bien-être du chien, il faut que celui-ci bénéficie à côté de promenades et de contacts sociaux suffisants. Dans ce cas, il faut respecter certaines règles :

  1. Une attache longue de plusieurs mètres (exemple : fixer un câble tendu entre deux piquets, le long duquel la laisse coulisse).
  2. Installer un abri ou un lieu de couchage dans la zone.
  3. Installer la zone d’attache à l’écart des stimulations visuelles et sonores.
  4. Renforcer positivement la mise à l’attache : caresse, récompense.

Docteur Laurence Dillière Lesseur, Vétérinaire Comportementaliste

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