Comme nous, les chats possèdent leur personnalité propre

Le tempérament du chat serait défini par cinq principaux traits de caractère

Il ne fait aucun doute pour toutes les personnes qui ont vécu avec un chat, que ce dernier n’est pas dénué de tempérament ! Ceci apparaît d’autant plus évident aux multi-possesseurs de chats qui ont, de fait, matière à comparer…

Pourtant, n’est parue que très récemment la première étude de grande envergure permettant d’évaluer le caractère des chats.

Cette étude qui émane de behavioristes australiens et néo-zélandais a porté sur 2800 sujets et s’est fixée pour objectif d’établir avec précision des profils de personnalité type au sein de l’espèce féline.

La personnalité des chats reposerait sur 5 traits de caractère : les « feline five »

Le Cat tracker, un petit GPS permettant de pister les 2800 chats de l’étude, jour et nuit, a été utilisé par les auteurs pour affiner les résultats de recherches antérieures qui avaient déjà permis de définir trois traits principaux de personnalité chez le chat : sociabilité, dominance et curiosité.

Ces recherches antérieures avaient été fondées sur les « big five », une approche de psychologie humaine qui nous reconnaît cinq traits centraux de personnalité figurés par l’acronyme OCEAN : Ouverture, Conscienciosité, Extraversion, Agréabilité et Névrosisme.

La récente étude (analyse statistique à la clé) menée à grande échelle chez le chat précise les résultats antérieurs et reconnait au final à celui-ci l’existence d’au moins cinq profils de personnalité. Ces profils sont la résultante de notes basses ou élevées correspondant à un certain nombre d’items (critères testés) :

Névrosisme

Ce profil de personnalité correspond a un chat ayant obtenu une note élevée pour les items en lien avec un comportement timide ou craintif (envers chats et humains)… Et une note faible pour ceux en lien avec un comportement calme, confiant ou encore amical…

Extraversion

Ce profil de personnalité correspond a un chat ayant obtenu une note élevée pour les items assurance, curiosité, persévérance … Versus une note faible pour des critères comme indécis ou encore maladroit.

Dominance

Ce profil de personnalité correspond a un chat ayant obtenu une note élevée pour agressif (envers chats et humains), irritable ou méfiant…Versus une note faible pour amical (envers chats) ou encore gentil.

Impulsivité

Ce profil de personnalité correspond a un chat ayant obtenu une noté élevée pour imprévisible, irritable, agressif (envers humains)… Versus une note faible pour prévisible ou gentil….

Complaisance

Ce profil de personnalité correspond a un chat ayant obtenu une note élevée pour calme, affectueux, joueur ou amical (envers humains)… Versus une note faible pour solitaire, irritable ou agressif (envers humains)…

L’analyse du tempérament du chat par un praticien permettrait de proposer à chaque propriétaire ou futur acquéreur des solutions adaptées

L’analyse d’un questionnaire en 52 points permet d’établir un score final pour chaque trait de personnalité. Chaque chat pouvant bénéficier au bout du compte d’une évaluation de sa personnalité.

Jusqu’à présent, l’existence d’une personnalité n’avait été scientifiquement reconnue que chez les primates et les chiens.

Cette étude vient donc apporter sa pierre à l’édifice…

Mais selon les auteurs, d’un point de vue pratique, l’exploration de ce nouveau champ d’investigations pourrait également permettre de trouver des applications pratiques au quotidien, comme diminuer les abandons et améliorer le bien-être des chats. Entre autres :

Pour les chats de refuge à l’adoption

Connaître le profil d’un chat de refuge permettrait d’optimiser la compatibilité avec l’adoptant, mais il faudrait également pour cela que le futur propriétaire accepte aussi de faire évaluer sa personnalité…

Pour les chats possédant un foyer

L’évaluation de la personnalité des chats permettrait d’optimiser leur bien-être en améliorant notamment leurs conditions de vie. L’analyse du questionnaire de personnalité rempli par le propriétaire à la maison permettant au praticien de proposer des aménagements aux conditions de vie en cas de score particulièrement bas de certains traits de caractère. Ces aménagements porteraient respectivement sur l’environnement ou l’attitude du propriétaire.

Par exemple : un score élevé d’extraversion peut permettre d’objectiver un manque de stimulations et donc d’alerter sur la nécessité d’enrichir l’environnement tandis qu’un score faible peut signifier la nécessité de réaliser un bilan gériatrique si l’animal vieillit. Un score d’impulsivité ou de névrosisme élevé peut orienter vers la nécessité d’une consultation comportementale.

A propos de tempérament…

 Quid des autres espèces ?

Cette étude permet donc d’objectiver sur des bases scientifiques ce que beaucoup perçoivent tous les jours intuitivement, et notamment les propriétaires de chats : la personnalité constitue bien un bagage individuel propre.

Si le comportement représente la résultante des interactions étroites entre l’inné (le tempérament) et l’acquis (l’éducation, les expériences ou l’influence de l’environnement au sens large), il semble effectivement difficile d’envisager l’existence d’un seul tempérament, surtout pour une espèce telle que le chat !

Mais il coule alors de source de se demander ce qu’il en est pour les autres espèces, et notamment les espèces complexes, comme le dauphin, ou encore certains oiseaux…

Des études futures nous en apprendront-elles davantage ?

La dominance chez le chat : mythe ou réalité ?

Le chat qui développe et exprime des compétences sociales n’est pas à proprement parler une espèce sociale mais plutôt une espèce devenue sociale par expérience. En effet, l’équilibre émotionnel du chat repose avant tout sur l’organisation de son domaine vital par un système de marquage odorant (les phéromones) qu’il dépose par frottement sur les personnes et les objets. Par ailleurs, les relations entre chats ne sont pas définies par un statut social particulier et ne sont à ce titre, pas comparables avec le chien, qui reste une espèce sociale par essence.

Ainsi si le terme de dominant peut être remis en question d’un point de vue éthologique pour caractériser une relation entre deux chats puisque la dominance sensu stricto n’existe pas dans cette espèce (en comportement félin on parle plutôt de chat actif ou passif), il reste cependant parlant pour les propriétaires qui l’utilisent fréquemment pour définir le caractère de leur chat.

Le terme de dominant pourra donc trouver toute son utilité pour faciliter le remplissage du questionnaire que le professionnel proposera de remplir aux propriétaires pour analyser la personnalité de leur chat.

Laurence Dillière Lesseur, Vétérinaire Comportementaliste

Crédit photo : Shutterstock

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