Travail de nuit, journées très longues, semaines qui ne se ressemblent pas… Les horaires décalés compliquent votre organisation, mais aussi celle de votre chien. Vous rentrez parfois épuisé, et vous retrouvez un chien qui a pleuré, aboyé, détruit, ou qui vous suit partout dès que vous êtes à la maison. Vous avez l’impression qu’il ne supporte plus du tout la solitude et qu’il vit très mal votre rythme.
Il est pourtant possible de l’aider, même si vos horaires sont atypiques. L’objectif n’est pas d’avoir une vie “parfaite”, mais de lui redonner des repères, de mieux organiser ses journées et de l’apaiser sur le plan émotionnel.
Pourquoi votre chien supporte-t-il mal vos horaires décalés ?
Les chiens sont rassurés par une certaine forme de régularité. Ils repèrent assez vite les moments de repas, de promenades, de repos, même si ce n’est pas à la minute près. Lorsque les horaires changent souvent, votre chien peut avoir du mal à comprendre quand vous partez, quand vous revenez, et ce qu’il va se passer dans la journée. Cette perte de repères peut majorer son stress.
Très souvent, un effet d’hyper-attachement s’ajoute. Quand on est peu disponible, on a tendance à se “rattraper” dès qu’on est là : beaucoup de câlins, chien collé à vous sur le canapé ou dans le lit, attention quasi permanente. Cela part d’une très bonne intention, mais certains chiens finissent par ne plus supporter de vous voir disparaître, même pour une courte durée.
Enfin, les horaires décalés s’accompagnent souvent d’un manque de temps, de fatigue, de déplacements. Les promenades se réduisent parfois à un simple “tour pipi”, sans vraie exploration ni jeu. Un chien peu dépensé physiquement et mentalement tolère encore moins la solitude : l’ennui et la frustration viennent s’ajouter à l’angoisse de séparation.
Comment l’aider malgré vos horaires décalés ?
L’idée est de travailler sur trois piliers : des repères, de la dépense, et de l’apaisement.
Donner des repères, même si les heures changent
Vous ne pouvez pas forcément garder les mêmes horaires chaque jour, mais vous pouvez conserver une structure qui se répète. Par exemple, avant de partir, vous essayez de proposer une vraie sortie, même courte, où votre chien peut renifler, marcher à son rythme, sentir l’extérieur. Cela n’a pas besoin d’être une longue randonnée, mais autre chose qu’un simple aller-retour au pied de l’immeuble.
Juste après la promenade, un petit rituel de départ peut l’aider à comprendre ce qui va se passer : une phrase toujours identique, un jouet ou un objet qu’il ne reçoit que lorsque vous partez, un geste calme. À votre retour, vous gardez un accueil plutôt posé, le temps qu’il redescende en pression, puis vous lui offrez un moment agréable avec vous (sortie, jeu tranquille, séance de câlins).
Avec le temps, votre chien retient moins l’heure exacte que la “forme” de la journée : il sait qu’avant de rester seul, il y a une promenade puis un moment de calme, et qu’à votre retour, il se passera quelque chose de positif.
Enrichir son environnement quand il est seul
Un chien sans rien à faire pendant des heures vit beaucoup plus mal vos absences. Vous pouvez laisser à sa disposition quelques activités qui l’occupent sans l’exciter : un jouet garni de nourriture qu’il doit lécher ou gratter, un jouet à mâcher adapté à sa taille, un tapis de fouille dans lequel vous aurez caché une partie de sa ration de croquettes, ou encore un carton rempli de papiers froissés avec quelques friandises à trouver.
L’idée n’est pas qu’il soit occupé du début à la fin de vos absences, mais qu’il ait de quoi s’occuper au moins un moment, surtout au moment où vous sortez. Un chien qui se met à chercher, renifler, mâcher ou lécher est souvent plus calme qu’un chien qui tourne en rond en vous attendant.
Travailler la solitude même quand vous êtes à la maison
Pour un chien très attaché, la difficulté ne se limite pas à vos absences. Parfois, il ne supporte même plus de vous voir passer d’une pièce à l’autre sans lui. Quand vous êtes là, il peut être utile de lui apprendre à rester un peu à distance : sur un tapis, dans son panier, ou dans une autre pièce avec la porte entrouverte.
On commence par quelques minutes, dans des moments où vous êtes disponible et calme, puis on augmente progressivement. L’objectif est qu’il fasse l’expérience que vous pouvez vous éloigner sans que ce soit dramatique, et que vous revenez toujours. Ce travail au quotidien rend souvent vos vraies absences moins difficiles à vivre pour lui.
Chercher de l’aide extérieure quand c’est possible
Selon votre situation, il peut être très compliqué d’assumer seul de longues promenades tous les jours, surtout si vous travaillez de nuit ou faites des journées très longues. Dans ce cas, une aide extérieure peut vraiment changer le quotidien de votre chien.
Vous pouvez, par exemple, faire appel à un promeneur qui vient le chercher pour l’emmener marcher en groupe avec d’autres chiens dans un parc ou en dehors de la ville. Ce type de sortie lui offre de l’herbe, des odeurs plus variées, des congénères et une vraie dépense.
Il est aussi possible de passer par des plateformes comme Emprunte mon toutou. Des personnes motivées y proposent de s’occuper d’un chien près de chez elles : promenades, sorties plus longues, temps de présence à la maison. Cela permet de compléter ce que vous pouvez offrir vous-même, sans culpabiliser, et de limiter les très longues périodes de solitude.
Aides pour apaiser un chien stressé par la solitude
En complément de tout ce travail sur l’organisation et l’enrichissement, certains produits peuvent aider un chien très anxieux, à condition de les utiliser en accord avec votre vétérinaire.
On utilise souvent des phéromones apaisantes comme Adaptil, en version diffuseur mural ou collier, qui peuvent aider certains chiens sensibles à mieux supporter les changements de rythme et les absences. Des produits à base de plantes comme Petscool, en spray ou en diffuseur, peuvent également contribuer à rendre l’ambiance un peu plus calme. Enfin, un complément alimentaire comme Zylkene peut être proposé sur des périodes ciblées, par exemple au début d’un nouveau planning ou lorsqu’on met en place une rééducation de la solitude.
Ces aides ne remplacent pas le travail sur les promenades, les rituels et l’autonomie, mais elles peuvent faciliter la transition chez certains chiens très émotifs.
Consulter un vétérinaire ou un vétérinaire comportementaliste ?
Il est important de demander conseil si votre chien semble vraiment en détresse lorsque vous vous absentez. C’est le cas, par exemple, s’il hurle ou aboie pendant de longues périodes, détruit portes et encadrements de fenêtres, se blesse, se lèche au point de se créer des plaies, fait ses besoins à l’intérieur alors qu’il était propre, ou refuse de manger tant que vous n’êtes pas là.
Un vétérinaire pourra vérifier qu’il n’existe pas de problème médical qui aggrave la situation, comme des douleurs, des troubles hormonaux ou un vieillissement cérébral. Il pourra aussi discuter avec vous de l’intérêt éventuel de traitements de soutien.
Si l’on suspecte une véritable anxiété de séparation ou un hyper-attachement, un vétérinaire comportementaliste pourra ensuite vous aider à analyser finement la situation et à mettre en place un programme de rééducation adapté à vos contraintes d’horaires : gestion des départs et des retours, organisation des journées, types d’activités à privilégier, rythme des progrès à attendre.
Produits pouvant compléter ces conseils vétérinaires
Certaines choses que vous mettez en place peuvent être facilitées par quelques accessoires bien choisis. Vous pouvez par exemple chercher un tapis de fouille pour proposer des jeux de flair lorsque votre chien est seul, un jouet distributeur de croquettes ou un jouet à garnir pour l’occuper calmement au moment des départs, ou encore des jouets à mâcher solides qui favorisent une mastication apaisante.
Pour le volet émotionnel, vous trouverez également des diffuseurs ou des colliers Adaptil, des sprays ou diffuseurs Petscool, ainsi que des compléments à base de Zylkene. Ces produits doivent idéalement être utilisés après en avoir parlé avec votre vétérinaire, afin de s’assurer qu’ils sont bien adaptés à votre chien et à la situation.
Utile pour réduire les signes de stress lors des transports ou des voyages (aboiements, hurlements, agitations, tremblements, hypersalivation, malpropreté…)
Complément calmant pour aider à faire face à des situations difficiles à l’intérieur et à l’extérieur de la maison telles que les feux d’artifice et l’anxiété de séparation lorsqu’ils sont laissés seuls à la maison.
Permet de diminuer le stress ou l’anxiété chez le chien.
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Equipe rédactionnelle de Catedog sous la direction du
Docteur Laurence Dillière Lesseur, Vétérinaire Comportementaliste