Adopter un chien de refuge est une très belle démarche, mais ce n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Votre nouveau compagnon arrive avec son histoire… que vous ne connaissez pas. Vous découvrez au fil des jours qu’il a peur de certains bruits, qu’il se fige dans la rue, qu’il sursaute quand vous le caressez à certains endroits ou qu’il réagit vivement face à certains chiens ou personnes.
Vous vous demandez si vous faites quelque chose de travers, s’il a été maltraité, si vous allez y arriver. La réalité est que beaucoup de chiens de refuge ont un passé flou, parfois difficile, mais qu’avec une approche adaptée il est possible de les aider à s’apaiser et à trouver leur place dans votre foyer.
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Comprendre ce qui se joue chez un chien de refuge au passé inconnu
L’arrivée dans une nouvelle maison représente un énorme changement. Votre chien doit s’adapter à un lieu qu’il ne connaît pas, à de nouveaux humains, à de nouvelles règles, parfois à d’autres animaux. Même si vous lui offrez enfin une vie meilleure, pour lui, c’est d’abord un bouleversement.
Un chien de refuge avec un passé inconnu peut avoir accumulé des expériences parfois difficiles : abandons successifs, conditions de vie précaires, manque de socialisation, voire maltraitance. Il peut donc réagir de manière disproportionnée à des choses qui vous semblent anodines : un balai qu’on déplace, une main qui se lève, une porte qui claque, un homme avec une casquette, un enfant qui court.
Ses réactions imprévisibles (fuite, blocage, grognement, aboiement, parfois pincements) ne sont pas de la “méchanceté” ni un défaut de caractère. Ce sont des stratégies de protection qu’il a apprises pour faire face à ce qui lui semblait dangereux.
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Les premières semaines à la maison : privilégier la sécurité et la prévisibilité
Les premières semaines sont souvent décisives. L’objectif n’est pas de tout lui apprendre tout de suite, mais de lui faire comprendre qu’il est enfin en sécurité.
Vous pouvez l’aider en gardant une organisation simple et répétitive. Des horaires de repas assez réguliers, des promenades qui reviennent aux mêmes moments de la journée, des routines calmes avant le coucher constituent des repères rassurants. Votre chien va peu à peu anticiper ce qui va se passer et son niveau de stress de fond diminue.
Il est aussi très utile de lui proposer un coin bien à lui, où personne ne vient le déranger : panier, tapis ou caisse de transport ouverte dans un endroit un peu à l’écart. S’il s’y réfugie, il est préférable de le laisser tranquille. Il finira par y voir une vraie “base de sécurité”, un endroit où il peut se poser sans être sollicité.
Pendant cette période, il vaut mieux éviter de multiplier les nouveautés : trop de visites, trop de lieux différents, trop de personnes qui veulent le caresser risquent de le surcharger émotionnellement. Mieux vaut quelques expériences stables et calmes que beaucoup de nouveautés en peu de temps.
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Gérer ses peurs et réactions imprévisibles au quotidien
Un chien de refuge au passé inconnu peut réagir brutalement à certains stimuli. Par exemple, il peut se mettre à trembler dans l’ascenseur, refuser d’avancer dans une rue précise, se cacher à votre approche si vous tenez un objet, grogner si vous le touchez lorsqu’il dort, ou aboyer violemment à la vue de certains congénères.
Face à ces réactions, la première chose est d’observer sans juger. Il est important de repérer ce qui déclenche ses réactions : un bruit, une posture, un lieu, un type de personne. Plus vous comprenez ce qui le met en difficulté, plus vous pouvez prévenir plutôt que subir.
Ensuite, le mot clé est douceur. Forcer un chien à affronter ce qui lui fait peur en le “traînant” jusqu’à la source de stress ou en le maintenant physiquement risque d’aggraver son malaise. Il est préférable de garder une certaine distance avec ce qui lui fait peur, de rester calme, de lui parler doucement et d’avancer par petites étapes.
Lors des promenades, un harnais confortable et une longe plutôt qu’une courte laisse donnent une marge de mouvement qui le rassure, tout en gardant la sécurité. Si une situation le dépasse (travaux bruyants, foule soudaine, chien très insistant en face), vous pouvez choisir de vous éloigner plutôt que de le mettre en échec. Ce n’est pas “céder”, c’est lui montrer que vous prenez en compte ses limites.
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Ce qu’il vaut mieux éviter avec un chien de refuge peureux ou réactif
Certains réflexes humains bien intentionnés peuvent, hélas, rendre les choses plus compliquées.
Par exemple, gronder un chien qui grogne ou qui recule parce qu’il a peur peut le pousser à ne plus prévenir et à passer directement à la morsure un jour où il se sent acculé. Le grognement est un signal précieux qui dit “je n’y arrive plus, laissez-moi de l’espace”. Il est plus utile de respecter ce message et d’adapter la situation que de le faire taire à tout prix.
De la même manière, forcer les contacts avec les inconnus ou les enfants, le prendre dans les bras pour qu’il “voie que tout va bien”, le pousser à se laisser toucher alors qu’il se crispe risque d’associer encore plus les humains à quelque chose de désagréable. Il est préférable de laisser le chien venir de lui-même, à son rythme.
Enfin, vouloir “tout rattraper” trop vite (éducation intensive, sorties partout, sollicitations constantes) peut l’épuiser nerveusement. Il a besoin de temps pour digérer son changement de vie, pas de performances immédiates.
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Aides possibles pour l’apaiser
En parallèle du travail sur l’environnement et la façon de gérer les situations, certains produits peuvent soutenir émotionnellement un chien très sensible, en accord avec votre vétérinaire.
Les phéromones apaisantes pour chien, comme Adaptil (diffuseur mural ou collier), peuvent l’aider à se sentir plus en sécurité à la maison ou lors des promenades. Des produits à base d’extraits de plantes comme Petscool, en spray ou en diffuseur, peuvent contribuer à instaurer une ambiance plus calme. Un complément alimentaire comme Zylkene, à base d’un dérivé de protéine de lait, est parfois utilisé sur des périodes ciblées pour soutenir les chiens anxieux pendant une phase d’adaptation.
Ces aides ne suffisent pas à elles seules, mais elles peuvent rendre votre travail quotidien plus efficace, surtout si le chien est très émotif.
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Quand demander l’aide d’un vétérinaire comportementaliste ?
Il est conseillé de consulter un vétérinaire comportementaliste si votre chien présente des réactions très intenses ou dangereuses, ou si vous vous sentez dépassé. Par exemple s’il attaque soudainement sans avertissement apparent, s’il a des réactions de panique extrême à certains stimuli, s’il reste prostré de longues heures, s’il refuse de manger, ou s’il cumule peurs, agressivité et comportements destructeurs.
Un vétérinaire vérifiera d’abord qu’il n’existe pas de cause médicale sous-jacente aggravant son comportement (douleurs, troubles neurologiques, problèmes hormonaux). Ensuite, un vétérinaire comportementaliste pourra évaluer plus finement son profil émotionnel, la nature de ses peurs, son niveau d’anxiété, et proposer un plan d’accompagnement sur mesure.
Cet accompagnement peut inclure des conseils très concrets sur la manière de gérer les promenades, les rencontres, les manipulations au quotidien, et parfois un traitement médicamenteux temporaire pour aider votre chien à se sentir suffisamment apaisé pour progresser. L’idée n’est pas de “le changer”, mais de lui permettre de vivre avec son histoire sans être en alerte permanente.
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Idées de produits utiles à retrouver sur Amazon
Pour vous aider avec un chien de refuge au passé inconnu, vous pouvez trouver sur Amazon un harnais bien ajusté et confortable, associé à une longe de cinq à dix mètres qui lui permet de se sentir un peu plus libre tout en restant sécurisé. Des tapis de fouille et jouets distributeurs de croquettes l’aident à canaliser son énergie et à utiliser son flair, ce qui a souvent un effet apaisant. Des jouets à mâcher robustes peuvent également l’aider à se détendre.
Du côté des aides émotionnelles, vous trouverez des diffuseurs ou colliers Adaptil, des sprays ou diffuseurs Petscool, ainsi que des compléments à base de Zylkene. Il est toujours préférable d’en parler avec votre vétérinaire afin de choisir les produits et les durées d’utilisation les plus adaptés au profil de votre chien.
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Conclusion
Adopter un chien de refuge au passé inconnu, c’est accepter d’avancer avec lui sans tout savoir de ce qu’il a vécu. Ses peurs, ses réactions surprenantes ou parfois difficiles à gérer sont souvent le reflet de stratégies de survie qu’il a dû mettre en place avant de vous connaître.
En lui offrant un environnement prévisible, en respectant ses signaux, en avançant pas à pas et en n’hésitant pas à demander l’aide d’un vétérinaire comportementaliste lorsque cela devient trop lourd à porter seul, vous lui donnez une vraie chance de se reconstruire. Avec du temps, de la patience et un cadre clair, beaucoup de chiens de refuge trouvent un équilibre surprenant… et deviennent des compagnons profondément attachants.
Equipe rédactionnelle de Catedog sous la direction du
Docteur Laurence Dillière Lesseur, Vétérinaire Comportementaliste