Vous avez adopté un nouveau chat en pensant lui offrir un compagnon… et l’ambiance à la maison s’est transformée en champ de bataille : feulements, poursuites, grognements, coups de patte. Votre premier chat semble ne pas accepter ce nouvel arrivant, et vous culpabilisez ou vous vous demandez si vous avez fait une erreur.
Rassurez-vous : il est très fréquent qu’un chat n’accepte pas immédiatement un nouveau chat. Une bonne cohabitation ne repose pas sur le “coup de foudre” mais sur une présentation progressive, structurée et respectueuse du rythme de chaque chat.
Pourquoi votre chat refuse-t-il le nouveau venu ?
Un territoire déjà “occupé”
Le chat est un animal très territorial. Votre logement n’est pas seulement “chez vous”, c’est surtout “chez lui” :
il y a ses odeurs,
ses repères,
ses chemins de passage,
ses lieux favoris (fenêtre, canapé, lit).
L’arrivée d’un nouveau chat peut être vécue comme une intrusion. Votre premier chat cherche donc à défendre son territoire ou à remettre les choses “en ordre” à sa manière.
Une perte de contrôle et de sécurité
Un changement brusque (nouveau chat, nouvelles odeurs, nouveaux bruits) peut être vécu comme une menace.
Certains chats deviennent alors :
plus irritables,
plus agressifs,
ou au contraire très craintifs.
Ce n’est pas de la “jalousie” au sens humain, mais une inquiétude territoriale et sociale.
Des profils de chats parfois incompatibles… au début
Un chat très calme peut mal vivre l’arrivée d’un chaton hyperactif.
Un chat déjà stressé peut avoir du mal à tolérer un chat très sûr de lui.
Sans présentation progressive, les tensions ont tendance à exploser plutôt qu’à se réguler.
Les erreurs fréquentes lors de l’arrivée d’un nouveau chat
Les mettre ensemble dès le premier jour
Laisser les chats se rencontrer librement dès l’arrivée du nouveau chat est souvent une mauvaise idée.
Résultat possible :
feulements violents,
poursuites,
bagarre physique,
peurs durables.
Une première rencontre ratée peut laisser des traces et compliquer toute la suite.
Punir le chat “agressif”
Gronder, pulvériser de l’eau ou isoler systématiquement le chat qui feule ou grogne ne fait qu’augmenter son stress et son insécurité.
Il associe alors le nouveau chat à des émotions encore plus négatives.
Ne pas multiplier les ressources
Si les chats doivent partager :
la même gamelle,
la même litière,
le même couchage,
les mêmes lieux en hauteur,
la compétition augmente.
Pour le chat, le manque de ressources entraîne une tension puis de l’agressivité.
Les étapes d’une vraie présentation progressive
L’objectif est de permettre à chaque chat de s’habituer à l’autre en plusieurs phases : odeurs, sons, vues, puis contact.
Etape 1 : installer le nouveau chat dans une “pièce refuge”
Pendant les premiers jours, il est préférable que le nouveau chat :
reste dans une pièce dédiée (chambre, bureau, petit salon),
dispose de sa propre litière,
ait ses gamelles (eau et nourriture),
ait des cachettes et un couchage confortable.
Votre premier chat continue de vivre dans le reste du logement.
Ainsi, chacun peut :
entendre l’autre,
sentir ses odeurs sous la porte,
sans confrontation directe.
Etape 2 : travailler sur les odeurs
L’odeur est fondamentale pour le chat. Vous pouvez :
échanger doucement des couvertures ou des coussins entre les deux chats,
caresser un chat avec un linge doux, puis l’autre,
placer un objet portant l’odeur de l’un dans l’environnement de l’autre.
Le but est que l’odeur de “l’autre chat” devienne familière, sans être associée à un conflit.
Etape 3 : utiliser des phéromones apaisantes
En parallèle, vous pouvez utiliser un diffuseur de phéromones pour chats.
Feliway Friends diffuse des analogues de phéromones apaisantes utilisées entre chats pour favoriser l’harmonie sociale entre deux chats. Le diffuseur se branche dans la pièce de vie principale.
Il ne règle pas tout à lui seul, mais il peut :
diminuer la tension,
faciliter l’acceptation mutuelle,
soutenir les étapes de présentation progressive.
Etape 4 : effectuer des premiers contacts visuels contrôlés
Lorsque les deux chats semblent plus calmes (moins de feulements à travers la porte, curiosité, jeu, appétit normal), vous pouvez :
entrouvrir légèrement la porte,
ou utiliser une barrière bébé / grille pour permettre qu’ils se voient sans se toucher,
proposer des friandises ou du jeu à une certaine distance de part et d’autre.
Vous arrêtez dès que la tension monte, avant qu’une bagarre n’éclate.
Etape 5 : proposer de courtes rencontres en présence de l’humain
Lorsque les contacts visuels deviennent plus sereins, vous pouvez passer à de brèves rencontres libres, sous surveillance :
laissez la porte ouverte quelques minutes,
laissez les chats s’observer, se renifler,
n’intervenez pas pour chaque feulement, mais surveillez de près.
Si la tension monte trop (poursuite violente, coup de patte, hurlements), vous mettez fin calmement à la séance et revenez à l’étape précédente le temps nécessaire.
L’idée est que chaque rencontre se termine dans un climat gérable, pas dans le chaos.
Etape 6 : multiplier les ressources pour limiter la compétition
Pour favoriser une cohabitation plus harmonieuse, il est recommandé de :
prévoir au moins autant de litières que de chats, plus une (par exemple, 3 litières pour 2 chats),
mettre plusieurs points de nourriture et d’eau,
offrir plusieurs couchages et lieux en hauteur.
Ainsi, chaque chat peut :
manger,
se reposer,
utiliser les toilettes,
sans être constamment bloqué par l’autre.
Etape 7 : respecter le temps d’adaptation de chaque chat
Certains duos de chats s’apaisent en quelques jours.
D’autres mettent plusieurs semaines, parfois plusieurs mois, à trouver un équilibre acceptable.
L’important est de :
rester patient,
ne pas forcer les interactions,
continuer à valoriser les moments calmes (jeu, friandises, caresses) lorsque les chats se tolèrent en présence l’un de l’autre.
Que faire si les bagarres persistent ?
Surveiller l’état de santé de chaque chat
Un chat douloureux ou malade peut :
être plus irritable,
moins tolérer le contact,
se montrer agressif pour se protéger.
Il est utile de faire examiner les chats par votre vétérinaire si vous observez :
une baisse d’appétit,
une perte de poids,
une malpropreté soudaine,
un léchage excessif,
un changement de comportement marqué.
Demander l’aide d’un vétérinaire comportementaliste
Si malgré une vraie présentation progressive et l’usage de phéromones :
les bagarres continuent,
un chat vit prostré et n’ose plus se déplacer,
un chat bloque systématiquement l’accès aux ressources de l’autre,
il est recommandé de consulter un vétérinaire comportementaliste qui pourra :
analyser la dynamique entre vos chats,
repérer les profils (chat très sûr de lui, chat très anxieux, chat traumatisé),
- proposer un plan de gestion adapté (aménagements, travail sur les interactions, éventuellement traitement de soutien).
Conclusion
Un chat qui n’accepte pas un nouveau chat ne “déteste” pas forcément ce compagnon pour toujours : il exprime surtout un stress territorial, un besoin de contrôle et parfois un passé compliqué avec d’autres chats.
En respectant les grandes étapes d’une présentation progressive, en multipliant les ressources, en utilisant, si besoin, des phéromones apaisantes comme Feliway Friends, et en restant patient, vous augmentez nettement les chances d’obtenir une cohabitation plus sereine.
Et si malgré tout les tensions persistent ou qu’un des chats semble en grande difficulté, n’hésitez pas à consulter votre vétérinaire, puis un vétérinaire comportementaliste, pour être accompagné de façon personnalisée.
Equipe rédactionnelle de Catedog sous la direction du
Docteur Laurence Dillière Lesseur, Vétérinaire Comportementaliste