Trouble hiérarchique chez le chien

Les thèmes abordés

Définition du trouble hiérarchique chez le chien

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On appelle trouble hiérarchique, un trouble de l’ « organisation sociale » du groupe.

C’est le groupe lui-même plutôt que le chien qui est en cause.

Origine du trouble hiérarchique chez le chien

Cette affection apparaît au moment de la puberté du chien, lorsque l’ « organisation sociale » (que nous appellerons « hiérarchie » pour simplifier) se met en place dans le groupe (insertion du chien dans un groupe d’humains, ou mise en place de la hiérarchie dans un groupe de chiens).

On appelle encore ce trouble : sociopathie.

Fonction de la « hiérarchie »

Cette « hiérarchie » est fonctionnelle, elle permet de limiter l’apparition de conflits au sein du groupe en plaçant des autorisations et des interdits et en positionnant le maître comme décisionnaire et référent.

Ne pas confondre la mise en place de règles qui ont fonction de repères apaisants et l’exercice d’un pouvoir abusif, qui serait a contrario source de stress et d’anxiété.

Il existe donc deux types de sociopathies : celle qui concerne un humain avec un chien, et celle qui concerne des chiens entre eux. 

Le trouble hiérarchique entre humain et chien

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Les motifs de consultation comportementale chez le chien

Les motifs de consultation peuvent être aussi variés que :

• Des agressions et des destructions.

• Des aboiements intempestifs.

• De la malpropreté.

La prévention et la thérapie comportementale chez le chien

La prévention et une partie de la thérapie comportementale lors de trouble avéré reposent sur la gestion de l’accès aux différentes ressources (ceci d’autant plus que le chien présente un tempérament assertif), la mise en place de repères significatifs pour le chien en rapport avec son répertoire comportemental d’espèce, la clarté de la communication.

Il est essentiel d’instaurer les règles sociales avant la puberté et de traiter tout autre trouble comportemental éventuel que le chien pourrait présenter à ce moment-là. Des rituels et une structure dans la relation sont indispensables pour attribuer un cadre et des limites à son chien.

Afin d’éviter l’évolution d’un trouble agressif, à partir de la puberté, il est nécessaire de rester particulièrement vigilant en ce qui concerne :

La distribution des repas du chien

Le chien mange, de préférence, après ses maîtres et n’obtient aucune nourriture durant le repas de ceux-ci.

Le plus important est que la distribution du repas soit structurée. Par exemple, le chien peut obéir à un rituel apaisant comme s’asseoir ou se coucher avant d’obtenir le repas.

• Le lieu de repos du chien

Le lieu de repos doit se situer en périphérie, dans un lieu non stratégique (éviter les passages), d’où le chien n’a pas la possibilité de contrôler, y compris visuellement, les allers et venues des différents membres du groupe.

• L’initiative des contacts avec le chien

Il incombe au propriétaire de gérer lui-même les relations sociales ou les interactions au sein du groupe.

• L’expression de la sexualité du chien

Le maître ne doit pas tolérer des chevauchements ou des saillies du chien en sa présence, il doit refuser les sollicitations physiques d’attention du chien lorsqu’il se rapproche d’un autre humain du groupe.

Par ailleurs, l’état hormonal et physiologique des membres du groupe (grossesse de la maîtresse, puberté d’un adolescent, chaleurs d’une chienne) peut modifier certains symptômes.

Remarques importantes à propos des règles

L’ensemble de ces lois sont des règles simples qui évitent les problèmes d’agressivité chez le chien. Nous comprenons qu’elles permettent d’organiser la vie sociale du groupe en en ritualisant les interactions et en limitant donc les conflits.

Bien que tous le chiens qui possèdent certains privilèges ne devient pas tous sociopathes, le modèle hiérarchique constitue une approche préventive et efficace des agressions, car il permet de structurer un système.

L’attachement réciproque, le respect mutuel, les activités communes, la manière de communiquer du maître sont autant de paramètres importants dans la cohésion du groupe qui associés à la personnalité des protagonistes vont être autant de facteurs impactant l’harmonie générale.

Attention : en cas d’agression

Les victoires successives d’un chien agressif conduisent à l’instrumentalisation des agressions : le chien finit par mordre directement, sans prévenir avant (il prévient en émettant des grognements ou des signaux posturaux), et avec une augmentation de l’intensité.

Par ailleurs, après avoir été mordu, il ne faut jamais accepter le retour du chien mordeur auprès de soi, avec une prise de contact corporelle de la part de celui-ci. Il faut au contraire renvoyer le chien dans son lieu de couchage, situé de préférence comme nous l’avons déjà mentionné, en périphérie.

Un traitement médicamenteux

Un traitement médicamenteux peut se révéler nécessaire lorsque le chien est très impulsif et que des agressions sont présentes.

Un chien anxieux non agressif peut parfois également nécessiter une médication, qui facilitera la gestion de l’anxiété et la mise en place de nouveaux apprentissages.

Le traitement d’un chien agressif nécessite l’obtention du consentement éclairé des propriétaires car le praticien engage sa responsabilité.

Le trouble hiérarchique entre chiens

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Les motifs de consultation comportementale chez le chien

Les motifs de consultation peuvent être variés :

• Apparition de bagarres entre chiens.

• Augmentation de la fréquence des bagarres.

• Marquages intempestifs.

• Signes anxieux et agressions territoriales.

Ces problèmes relèvent le plus souvent d’un trouble de la communication.

La prévention et la thérapie comportementale chez le chien

La prévention et une partie de la thérapie comportementale lors de trouble avéré reposent sur la connaissance par les maîtres des règles sociales et de la communication canines.

Pour être efficace, la thérapie comportementale doit emporter l’adhésion totale des maîtres.

Que doit faire le maître ?

• Réaffirmer avant tout sa position de référent : il ne doit tolérer aucun conflit en sa présence et intervenir le plus tôt possible lorsqu’une bagarre se profile (dans la mesure du possible, dès les premiers grognements).

• Si la bagarre éclate néanmoins, il doit quitter les lieux calmement et ostensiblement (les protagonistes sont exclus).

• Aménager les lieux de manière à ce que le chien vaincu trouve un espace de fuite suffisant (par exemple, ouvrir les portes).

Que ne doit pas faire le maître ?

• Chercher à imposer une hiérarchie arbitraire dans le groupe.

• Mettre les chiens à égalité (une hiérarchie s’installe naturellement entre les chiens : il ne faut pas la modifier).

• Séparer les chiens en cas de conflit (cela est inutile et peut s’avérer dangereux).

• Assister au conflit.

• Rappeler, consoler ou soigner le perdant en présence du vainqueur.

• Punir le vainqueur.

• Essayer de retenir un chien dans une pièce lorsqu’il cherche à sortir, suite à une menace ou un conflit.

• Interrompre systématiquement les interactions sans les laisser aller jusqu’au bout, de peur qu’un conflit n’éclate.

Aides

Le port de la muselière (type léger en nylon) peut constituer une alternative intéressante dans la thérapie car celle-ci permet, conjointement de :

• Préserver l’intégrité physique des animaux.

• Laisser se dérouler les interactions sans intervention mal à propos.

• Rassurer le maître.

Le recours à un vétérinaire comportementaliste et à un éducateur canin compétent facilite le réapprentissage d’une communication efficace entre congénères et permet la réaffirmation du maître auprès de son animal. Cette rééducation peut passer au début par des conflits qui doivent s’atténuer au fil du temps.

Un traitement médicamenteux et/ou chirurgical

Une prise en charge médicamenteuse se révèle souvent nécessaire même si le traitement demeure avant tout comportemental. Il reviendra au vétérinaire compétent en comportement, de choisir la molécule la plus appropriée, en fonction des symptômes présentés par le ou les protagonistes.

La castration ne constitue pas la solution miracle. Elle peut s’avérer décevante. Elle est surtout efficace si les combats entre chiens sont déclenchés par la présence de femelles en chaleur dans le voisinage. Son intérêt se justifie davantage au moment de la puberté, lors de la montée des hormones.

Le traitement hormonal ne donne pas forcément de résultat probant. Cependant, mis en place en début de puberté, un implant (castration chimique) peut aider à passer ce cap parfois difficile chez certains chiens. Une thérapie comportementale conduite en parallèle améliore les chances de succès.

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Docteur Laurence Dillière Lesseur, Vétérinaire Comportementaliste

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2 commentaires

  • Docteur Laurence Dillière Lesseur

    Il existe actuellement dans la communauté scientifique deux visions qui font à mon avis davantage débat sur la forme que sur le fond avec notamment des différends concernant surtout les termes employés. Effectivement dans une relation interspécifique (relation entre deux espèces différentes comme l’Homme et le chien, pour les internautes qui ne connaitraient pas ce terme), de même qu’il n’est pas éthologique de parler de hiérarchie, il ne l’est pas non plus de parler de socialisation, de groupe social ou encore d’attachement (c’est aussi pourquoi ils sont mis entre guillemets), termes que nous employons pourtant en zoopsychiatrie (psychiatrie vétérinaire), car ils facilitent la compréhension des liens que partagent et entretiennent l’Homme et le chien, au sein du groupe, communément dénommé « famille meute », qu’ils forment.
    La vision éthologique prône en effet l’existence de rapports affiliatifs (d’alliance ou d’entente) entre l’Homme et le chien, sans doute en lien avec une base génétique, et favorisés par le processus de domestication. Cette thèse exclut donc l’hypothèse d’une hiérarchie entre l’Homme et le chien et explique les troubles du comportement chez ce dernier par une mauvaise cohabitation avec l’Homme (non respect des codes canins et des besoins éthologiques du chien, comportements malveillants de l’humain…).
    La vision zoopsychiatrique, bien que se basant sur un modèle hiérarchique, ne se cantonne pas à l’aspect réducteur que le terme « hiérarchie » véhicule en tant que tel. Pour cette raison nous ne l’utilisons pas forcément dans nos consultations de comportement, car il peut être remplacé par tout un tas d’autres termes tout aussi valables. Néanmoins, s’appuyer sur un modèle hiérarchique, notamment pour aborder les troubles de la communication ou de la relation Homme-Chien, sans exclure les aspects émotionnels, cognitifs ou les problèmes liés aux carences du milieu de développement mais au contraire en les intégrant pleinement, permet de mieux les expliquer et les traiter, en soulageant non seulement le chien mais également son entourage. Ce modèle présente en outre l’avantage d’être facilement compris par le propriétaire. Hiérarchie ne signifie ni assujettissement, ni autoritarisme, ni respect contraint mais une structure relationnelle posant des limites qui soit source d’apaisement, autant pour le chien que pour son propriétaire (ce qui n’implique pas forcément de faire manger le chien avant le maître). Très souvent, il s’agit d’harmoniser ou de réharmoniser une relation qui s’est progressivement détériorée, précisément par méconnaissance des codes canins ou des besoins fondamentaux du chien, au péril de son bien-être.
    Ainsi si les deux visions n’emploient pas les mêmes termes (elles s’opposent sur la forme), le fond ne change pas : les méthodes ou thérapies utilisées reposent sur la réussite d’une relation vieille d’au moins 35000 ans…

  • Edukdog

    En éthologie il est aujourd hui bien prouvé qu’ on ne peut parler de hiérarchie en inter spécifique
    Le chien et l humain étant 2 espèces différentes la hiérarchie n existe pas
    De même que le fait de faire manger le chien après l humain peut déclencher des comportements d agression vis a vis de tout ce qui touche a la nourriture
    Étude de al 2008

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