Maladie de Legg-Perthes-Calvé chez le chien : l’essentiel à savoir
✔ La maladie de Legg-Perthes-Calvé correspond à une nécrose avasculaire de la tête fémorale.
✔ Elle concerne surtout les chiens miniatures et de petite race, le plus souvent entre 4 et 11 mois.
✔ Le signe principal est une boiterie d’un postérieur, parfois associée à une douleur de hanche et à une fonte musculaire.
✔ Le diagnostic repose principalement sur l’examen clinique et les radiographies.
✔ Le traitement de référence est chirurgical, avec généralement une bonne récupération après l’intervention et la rééducation.
Définition de la maladie de Legg-Perthes-Calvé chez le chien
La maladie de Legg-Perthes-Calvé, aussi appelée nécrose aseptique de la tête fémorale ou nécrose avasculaire de la tête du fémur, correspond à une détérioration non inflammatoire de la tête et du col du fémur liée à une mauvaise vascularisation locale. En pratique, l’os souffre d’un défaut d’apport sanguin, se fragilise, puis peut s’aplatir, se déformer ou se fragmenter.
Cette affection touche principalement les chiots en croissance de petit format. Certaines races semblent davantage concernées, notamment le Caniche nain, le Chihuahua, le Yorkshire Terrier, le West Highland White Terrier, le Teckel et d’autres petits terriers. Un facteur héréditaire est suspecté, même si la cause exacte n’est pas totalement élucidée.

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Symptômes de la maladie de Legg-Perthes-Calvé chez le chien
Le signe d’appel le plus fréquent est une boiterie d’un membre postérieur chez un jeune chien. Au début, elle peut être discrète puis devenir plus nette avec le temps. Certains chiens hésitent à courir, montent moins volontiers les escaliers ou évitent de prendre appui sur la patte atteinte.
Au fil de l’évolution, d’autres signes peuvent apparaître :
• Une douleur à la manipulation de la hanche.
• Une diminution de l’amplitude des mouvements.
• Des craquements ou des crépitements articulaires.
• Une fonte musculaire de la cuisse.
• Une difficulté à se lever ou à jouer normalement.
Il faut également savoir que la maladie peut être bilatérale, même si les symptômes semblent parfois plus marqués d’un seul côté.
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Pourquoi cette maladie apparaît-elle chez certains chiens ?
La cause précise n’est pas entièrement connue, mais les données vétérinaires décrivent un défaut de vascularisation de la tête fémorale entraînant une ischémie puis une nécrose osseuse. Cette fragilité osseuse aboutit ensuite à un affaissement progressif de la tête du fémur, avec douleur et gêne locomotrice.
Plusieurs éléments favorisent l’apparition de cette affection :
• Le jeune âge, pendant la croissance.
• Le petit format.
• Une prédisposition raciale.
• Probablement une composante héréditaire.
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Quand consulter un vétérinaire ?
Une consultation vétérinaire rapide est recommandée si votre chien présente une boiterie persistante, refuse d’utiliser une patte arrière, manifeste une douleur nette de la hanche ou perd de la masse musculaire au niveau de la cuisse.
La maladie de Legg-Perthes-Calvé n’est pas la seule cause possible : fracture, traumatisme, luxation ou autre affection orthopédique peuvent produire des signes proches.
Cette urgence de consultation est donc une déduction clinique prudente à partir des symptômes décrits dans les sources vétérinaires.
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Diagnostic de la maladie de Legg-Perthes-Calvé chez le chien
Le vétérinaire commence par examiner la démarche du chien, la douleur de hanche et la mobilité articulaire. Le diagnostic est ensuite confirmé par des radiographies, qui mettent en évidence des anomalies caractéristiques de la tête et du col du fémur : irrégularité de densité osseuse, zones de lyse, aplatissement, effondrement ou fragmentation. Dans les formes anciennes, des signes d’arthrose peuvent aussi être visibles.
Selon le contexte, le vétérinaire cherchera aussi à distinguer cette affection d’autres causes de boiterie du chiot ou du jeune chien.
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Traitement de la maladie de Legg-Perthes-Calvé chez le chien
Le traitement de référence est le plus souvent chirurgical. L’intervention classiquement réalisée est l’exérèse de la tête et du col fémoraux, aussi appelée FHO. Son objectif est de supprimer le contact osseux douloureux responsable de la gêne. Chez certains chiens, une prothèse totale de hanche peut aussi être discutée dans des contextes particuliers.
Une prise en charge conservatrice a été rapportée très précocement dans certains cas, mais les résultats complets restent limités : moins d’un quart des chiens répondraient totalement à cette approche seule. En pratique, lorsque les lésions sont installées et douloureuses, la chirurgie reste l’option la plus recommandée.
Après l’intervention, la rééducation est importante pour encourager l’appui, entretenir la musculature et améliorer la récupération fonctionnelle. Les recommandations actuelles insistent sur la physiothérapie précoce, les exercices adaptés et les aménagements de l’environnement.
Quelle évolution peut-on espérer après le traitement ?
Le pronostic est généralement excellent après chirurgie, surtout lorsque la prise en charge intervient avant l’installation d’une gêne chronique importante. Une légère boiterie résiduelle ou un inconfort discret peuvent parfois persister chez certains chiens, mais les complications restent globalement rares. Une rééducation bien conduite améliore la récupération et la mobilité.
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Peut-on prévenir la maladie de Legg-Perthes-Calvé ?
Il n’existe pas de prévention absolue, puisque l’origine exacte n’est pas totalement élucidée.
En revanche, certaines mesures ont du sens :
• Privilégier une sélection raisonnée des reproducteurs dans les races prédisposées.
• Eviter la reproduction d’animaux atteints ou issus de lignées concernées.
• Consulter rapidement dès l’apparition d’une boiterie chez un jeune chien.
• Limiter les efforts inadaptés tant que le diagnostic n’est pas posé.
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FAQ – Maladie de Legg-Perthes-Calvé chez le chien
La maladie de Legg-Perthes-Calvé est-elle fréquente chez le chien ?
Elle reste relativement peu fréquente à l’échelle de l’ensemble des chiens, mais elle est bien connue chez les jeunes chiens de petite race et de race miniature.
A quel âge la maladie apparaît-elle le plus souvent ?
Elle est surtout décrite entre 4 et 11 mois, c’est-à-dire pendant la croissance.
Un seul côté peut-il être touché ?
Oui, les symptômes peuvent être unilatéraux, mais la maladie peut aussi être bilatérale.
La radiographie suffit-elle pour poser le diagnostic ?
Dans la majorité des cas, la radiographie permet de confirmer le diagnostic en montrant les lésions typiques de la tête fémorale.
Le repos seul peut-il suffire ?
Le repos seul ne donne pas toujours un résultat satisfaisant. Les données du MSD Vet Manual indiquent qu’une prise en charge conservatrice précoce ne permet une réponse complète que chez moins de 25 % des chiens rapportés.
Le chien remarche-t-il normalement après l’opération ?
Dans la majorité des cas, l’évolution est bonne à excellente après chirurgie, surtout si la rééducation post-opératoire est bien suivie.
Faut-il prévoir de la rééducation ?
Oui, la physiothérapie et les exercices de rééducation sont recommandés pour favoriser l’appui, la mobilité et la récupération musculaire.
Références
Auteur de l’article
Docteur Laurence Dillière Lesseur, Vétérinaire Comportementaliste
Diplômée de l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort.
Titulaire du Diplôme Inter-Ecoles de Vétérinaire Comportementaliste.
Cofondatrice du site Catedog.com.
Sources de l’article
• R. Moraillon, Y. Legeay, D. Boussarie et O. Sénécat. Dictionnaire Pratique de Thérapeutique Chien, Chat et NAC. Editions Masson 2010.
• Baret O. et Benaïm D. Vademecum de pathologie de l’appareil locomoteur du chien et du chat. Editions Med’Com, 2008.
• Hill’s Atlas of Veterinary Clinical Anatomy. Hill’s Pet Products 1989. Veterinary Medicine Publishing.
• Atlas Vet’Consult Chirurgie. Editions Med’Com 2012.
Auteur de l’illustration
Vincent Lesseur, web designer, graphiste, illustrateur
Cofondateur du site Catedog.com.
Auteur de la photo
Shutterstock