Montréal prévoit d’expulser plusieurs centaines de Pitbulls de son territoire

Environ 520 propriétaires de Pitbulls sont sommés de retirer du territoire de Montréal leur chien dans un délai de quatre semaines

D’après le journal local Metro, la nouvelle a été annoncée aux propriétaires de Pitbulls par le biais d’une lettre datant du 21 août dernier signée de la ville de Montréal. Celle-ci annonce que le permis spécial de garde* ne leur est pas accordé pour cause de dossier incomplet et qu’ils doivent se séparer de leur chien en le confiant à un refuge ou une municipalité autorisant les Pitbulls.

Tous les Pitbulls non enregistrés après le 31 mars 2017 sont désormais interdits sur le territoire de Montréal. Les propriétaires qui avaient déposé leur demande avant cette date et n’ont pas fourni les pièces manquantes avant le 1er juin n’ont pas pu voir leur permis temporaire commué en permis définitif.

Des poursuites judiciaires ainsi que la saisie des chiens Pitbulls sont évoquées par la ville en cas de refus des propriétaires concernés de se défaire de leur chien. En raison d’un conflit juridique en cours, aucune euthanasie de Pitbull ne pourra être ordonnée sauf éventuellement en cas d’agressivité. Gonzalo Nunez, le porte-parole de l’administration fait savoir que la ville compte sur la collaboration de ces propriétaires de Pitbulls et que leurs dossiers seront évalués avant de décider des démarches additionnelles.

Les propriétaires de Pitbulls et les associations de protection animale sont désemparés après l’annonce faite par l’administration de Montréal

 Après la volonté de se mettre en règle, ce sont la consternation et l’indignation qui règnent chez les propriétaires de Pitbulls. Quant aux défenseurs de la cause animale dont notamment les refuges, suite à l’annonce, ceux-ci craignent un risque massif d’abandons. Pierre Couture, le patron du Berger Blanc, l’un de ces refuges, estime que les abandons liés à cette décision atteindront entre 15 et 20 % des chiens visés par la mesure.

En outre, les principaux refuges de Montréal n’ont pas été informés : pour exemple, la Société pour la Prévention de la Cruauté envers les Animaux (SPCA) est littéralement sous le choc ! Son avocate Maître Sophie Gaillard crie au scandale, dénonçant « une totale improvisation de la ville, du début à la fin, sur ce règlement ». Celle-ci pense que certains propriétaires tenteront même de cacher leur chien chez eux, et éviteront d’aller chez le vétérinaire. Elle va même jusqu’à évoquer la dénonciation entre voisins. Elle affirme enfin que « quatre semaines, c’est beaucoup trop court pour trouver une solution ».

Dans l’urgence, la SPCA a réalisé plusieurs réunions de crise… Maître Gaillard désemparée depuis le dépôt du projet de loi en avril, explique qu’au Québec, il est difficile de faire adopter des chiens qui risquent un jour ou l’autre d’être interdits. La SCPA envoie ainsi ses Pitbulls sans compensation financière dans un refuge partenaire en Alberta pour un coût exorbitant de 400 $ par chien, l’Ontario quant à lui, interdisant les Pitbulls dans sa province depuis 2005.

A l’avant-veille de la journée mondiale du chien qui aura lieu le 26 août 2017, et qui insiste sur les liens Homme-chien, tournons notre regard vers la ville de Montréal afin de dénoncer une telle mesure. Le Fonds International pour la Protection des Animaux (IFAW) qui soutient fortement cette journée et contribue à de nombreuses initiatives au quotidien pour améliorer les conditions de vie des chiens ou encore la qualité des soins qui leur sont prodigués doit probablement être également fortement indignée de cette décision.

*Permis spécial de garde : permis exigé par le nouveau règlement animalier de Montréal (mis en place par l’administration Coderre le 3 octobre 2016) à destination des propriétaires de Pitbulls pour pouvoir détenir leur chien sur le territoire. Conditions nécessaires à l’obtention du permis : identification et stérilisation du chien obligatoires ainsi que sa vaccination antirabique à jour, en outre le demandeur qui doit être majeur doit fournir une attestation du Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM) spécifiant qu’il n’a pas subi d’infraction liée à des violences, vols, trafic de stupéfiants, ou au port d’une arme à feu au cours des cinq dernières années. Pour sortir son chien dans son propre jardin, le propriétaire doit également monter une clôture de 2 m minimum au maillage suffisamment serré. Coût du permis spécial de garde : 150 $.

Crédit photo : Shutterstock – Catedog

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