Euthanasie de chiens en bonne santé : au Royaume-Uni, 98 % des demandes sont motivées par des troubles du comportement

Sur 700 vétérinaires britanniques ayant participé à l’enquête, environ 330 sont régulièrement sollicités

Une enquête aux résultats édifiants a été récemment publiée par la British Veterinary Association (BVA) : près d’un vétérinaire britannique sur deux serait régulièrement sollicité pour une demande d’euthanasie d’un animal sain. Dans la majorité des cas, cette demande est motivée par l’existence d’un trouble du comportement chez le chien concerné.

Les troubles du comportement les plus fréquemment invoqués

47 % des vétérinaires interrogés estiment être régulièrement sollicités pour euthanasier des chiens en bonne santé qui produiraient des nuisances aussi variées que des aboiements, des destructions, de la malpropreté.

L’agressivité canine constitue également un motif récurrent.

L’analyse de la situation par la BVA

Les causes incriminées

Pour le président de la BVA, ces chiffres « sont désolants et à même de choquer le grand public ».

Celui-ci invoque «  la triste réalité de l’insuffisance de socialisation des jeunes chiots », condamne « les importations illégales de chiots » ainsi que « le commerce de chiots nés dans de vraies « fermes à chiens », et insiste sur le fait qu’« en aucune manière, ce n’est une façon de commencer sa vie en tant que chien de compagnie ».

Une clause qui défend la liberté fondamentale de conscience des vétérinaires

La BVA n’est pas sans rappeler la possibilité pour le vétérinaire de refuser l’euthanasie en rappelant la clause de conscience. Comme au Royaume-Uni,  le code de déontologie vétérinaire français prévoit également une clause de conscience qui permet à tout praticien de refuser un acte d’euthanasie si cette demande n’est pas en accord avec ce que lui dicte sa conscience.

Des solutions alternatives existent

La BVA propose par ailleurs des solutions alternatives à l’euthanasie telles que : conseiller le propriétaire sur le comportement, référer le cas à un comportementaliste ou placer le chien dans une association reconnue comme telle. Elle souligne par ailleurs que de nombreuses cliniques vétérinaires proposent des « puppy-class » ou écoles du chiot, séances au cours desquelles la socialisation précoce est fortement mise en pratique.

L’euthanasie en dernier recours

Pour la BVA, l’euthanasie demeure cependant inévitable dans certains cas. Pour elle, « le défaut de socialisation » est le principal responsable.

Ce que nous évoque un tel constat

La socialisation, un facteur comportemental parmi d’autres

Certes la socialisation du chiot est un pivot majeur de son équilibre émotionnel et donc une insuffisance de socialisation des jeunes chiots, une des causes favorisant l’apparition de problèmes de comportement. Mais de nombreux troubles peuvent également apparaître chez des chiens correctement socialisés. Les troubles de l’attachement et de la communication, pour ne citer qu’eux, prennent souvent une grande part à l’émergence d’états anxieux qui conduisent eux-mêmes à l’apparition de nuisances ou d’agressivité.

L’éducation d’un chiot s’adresse à des maîtres responsables

On ne redira jamais assez qu’un chien n’est ni un objet, ni une peluche et pourtant les abandons ne cessent d’augmenter ! L’éducation proposée au chiot est un acte responsable majeur pour son équilibre de futur adulte et la compréhension du comportement canin une clé pour l’obtenir. Cependant, il est nécessaire pour cela, de s’adresser à des personnes responsables. Malheureusement nombreux sont les acquéreurs de chiens qui mésestiment souvent l’ampleur du travail que représente l’éducation d’un chiot, avant d’en faire l’expérience.

Un test d’aptitude pour tester la motivation du propriétaire

Un test d’aptitude pour tous les futurs acquéreurs de chiens, posant la question d’une vraie motivation, constituerait peut-être une des solutions pour combattre l’irresponsabilité de quelques uns. Le débat qui est intervenu en Allemagne autour de la question d’un « permis de conduire » pour l’ensemble des propriétaires de chiens, quelle qu’en soit la race, est sans doute une idée à continuer de creuser, malgré les questionnements qui demeurent autour de sa mise en application.

L’enjeu : le bien-être de l’animal et de la relation Homme-chien

Tous les chiens méritent respect et considération. Leur bien-être passe par un travail commun que chaque futur maître doit comprendre et intégrer. Et s’il faut un test de motivation pratique pour le vérifier, il est urgent de repenser ou de commencer à considérer la question. Si une telle mesure était appliquée, dans un premier temps, les refuges seraient peut-être les premiers à en subir les effets pervers (frein à l’adoption), mais au fur et à mesure, on pourrait espérer une régulation progressive du processus avec à terme une amélioration durable de la relation Homme-chien.

Crédit photo : Shutterstock

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