Le calicivirus félin est un virus très contagieux qui affecte principalement les voies respiratoires supérieures des chats. Il provoque des symptômes comme des éternuements, des ulcères buccaux, de la fièvre et parfois des boiteries.
La vaccination réduit les risques, mais n’élimine pas totalement la transmission.
Découvrez les conseils vétérinaires du Docteur Laurence Dillière-Lesseur sur le calcivirus, une affection des voies respiratoires chez le chat…
Définition du calicivirus chez le chat
Le calicivirus félin (FCV) est l’un des principaux virus responsables du syndrome coryza chez le chat. Dans sa forme classique, il atteint surtout les voies aériennes supérieures, la cavité buccale et parfois les articulations, et il touche surtout les chatons et les jeunes chats vivant en collectivité.
On distingue :
• Une forme classique, intégrée au syndrome coryza, avec éternuements, écoulements et ulcères dans la bouche.
• Une forme hypervirulente, beaucoup plus grave, dans laquelle le virus échappe au contrôle de l’organisme et se dissémine vers d’autres tissus que les voies aériennes supérieures (peau, foie, articulations, vaisseaux…).
La forme hypervirulente reste heureusement moins fréquente, mais son pronostic peut être sévère.
Transmission du calicivirus félin
Le calicivirus se transmet principalement :
• Par contact direct entre chats : salive, sécrétions nasales et oculaires.
• Par les éternuements et les gouttelettes projetées dans l’air.
• Par les objets contaminés : gamelles, litières, jouets, couchages, cages.
• Par les mains, vêtements ou matériel ayant été en contact avec un chat infecté.
Un chat guéri peut continuer à excréter le virus pendant plusieurs semaines, voire devenir porteur chronique et contaminer d’autres chats sans présenter de symptômes apparents.
Les chats vivant en collectivité (refuge, chatterie, élevage, pension, maison avec plusieurs chats) sont particulièrement exposés.
Symptômes du calicivirus chez le chat
Symptômes principaux
Les signes les plus courants, surtout dans les formes graves et hypervirulentes, sont :
• Une fièvre souvent supérieure à 40,6 °C (la température normale d’un chat se situe entre 38 °C et 39 °C).
• Un gonflement (œdème) de la face et des membres.
• Des croûtes sur la peau ou autour des orifices.
• Des ulcérations autour des yeux, sur les lèvres, la langue et dans la bouche, responsables de douleurs et de gêne à l’alimentation.
• Un jaunissement des muqueuses (ictère), signe d’une atteinte hépatique.
• Une conjonctivite avec rougeur et sécrétions oculaires.
Symptômes secondaires
Certains signes sont moins fréquents mais peuvent accompagner l’infection :
• Des vomissements.
• De la diarrhée.
• Une perte de poils localisée sur certaines zones.
• Des épanchements* abdominaux ou thoraciques (accumulation de liquide dans l’abdomen ou le thorax).
• Des éternuements.
• Des sécrétions au niveau du nez et des yeux, souvent plus sévères et plus abondantes que dans la forme classique.Symptômes plus rares
* Epanchement : accumulation anormale de liquide dans une zone de l’organisme qui n’en contient habituellement pas.
Symptômes plus rares
Dans les formes particulièrement sévères, on peut observer :
• Des hémorragies (saignements anormaux).
• Une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) : un trouble grave de la coagulation au cours duquel se forment des micro-caillots dans les vaisseaux sanguins, entraînant ensuite une tendance aux hémorragies.
On peut également observer dans certaines formes de calicivirose des boiteries aiguës liées à une atteinte articulaire inflammatoire.
| Critère | Forme classique du calicivirus | Forme hypervirulente du calicivirus |
|---|---|---|
| Localisation principale | Voies respiratoires supérieures, bouche, parfois articulations | Atteinte généralisée : peau, foie, vaisseaux, poumons, parfois organes internes |
| Symptômes typiques | Eternuements, écoulements nasaux et oculaires, ulcères buccaux, fièvre, gêne à l’alimentation | Fièvre très élevée, œdème de la face et des membres, croûtes, ulcérations étendues, ictère, abattement marqué |
| Atteinte générale | Atteinte respiratoire et buccale principalement | Atteinte systémique avec risque d’épanchements, troubles de la coagulation, atteinte multi-organes |
| Mortalité | Variable, généralement modérée avec prise en charge | Plus élevée, pronostic souvent réservé dans les formes sévères |
| Chats à risque | Chatons, jeunes chats, animaux en collectivité (chatterie, refuge) | Chats fragilisés, chats en collectivité, situations d’épidémie |
| Contagiosité | Elevée, surtout en collectivité | Très élevée, avec risque d’épidémies graves |
| Prise en charge | Antibiotiques si surinfection, anti-inflammatoires, soins oculaires, gestion de la douleur buccale | Hospitalisation fréquente, perfusions, traitements intensifs de soutien, surveillance rapprochée |
Diagnostic du calicivirus chez le chat
Le diagnostic repose sur l’examen clinique et l’observation des symptômes (fièvre, ulcères buccaux, conjonctivite, atteinte respiratoire ou cutanée).
Pour confirmer l’implication du calicivirus, le vétérinaire peut rechercher le virus à partir de différents prélèvements :
• Conjonctives (yeux).
• Salive.
• Sang.
• Peau.
• Tissu pulmonaire, selon les atteintes observées.
Des techniques de laboratoire (PCR, analyses spécifiques) permettent d’identifier le virus et, dans certains cas, de préciser la forme d’atteinte (classique ou hypervirulente).
Traitement du calicivirus chez le chat
Il n’existe pas de médicament capable de détruire directement le calicivirus.
Le traitement vise donc à :
• Lutter contre les surinfections bactériennes grâce à des antibiotiques prescrits par le vétérinaire.
• Réduire l’inflammation et la douleur, via des anti-inflammatoires adaptés et des analgésiques.
• Soulager les symptômes respiratoires et oculaires (nettoyages, collyres, humidification de l’air).
• Gérer les ulcères buccaux et la douleur orale pour permettre au chat de se réalimenter (aliments humides, tièdes, très appétents, compléments nutritionnels).
• Stabiliser l’état général : réhydratation par perfusion si nécessaire, soutien nutritionnel, parfois hospitalisation dans les formes graves ou hypervirulentes.
Le pronostic dépend :
• De la forme du virus (classique ou hypervirulente).
• De l’âge du chat (chaton, adulte, senior).
• De son état immunitaire (chat sain, malade chronique, porteur d’autres virus comme le FeLV ou le FIV).
Quels soins de confort pour le chat ?
Les soins de confort sont essentiels dans la gestion du calicivirus et passent par la nutrition, le nettoyage des sécrétions et des inhalations.
Stimuler la prise alimentaire
Distribuez de préférence une alimentation humide à votre chat afin de lui redonner de l’appétit, sous forme de pâtées ou d’alimentation fraîche. Nous vous conseillons les repas frais proposés par Elmut qui sont préparés à partir d’ingrédients naturels, frais, de qualité, sans conservateurs ni produits artificiels, et équivalents en qualité et appétence à l’alimentation humaine.

Alimentation 100% naturelle, fraîche et gourmande
Si votre chat boude sa nourriture, il est possible de lui faire prendre le complément alimentaire Nutribound qui stimule la prise alimentaire. Vendu par les laboratoires Virbac, il s’agit d’une solution orale très appétente qui stimule l’appétit et qui est régulièrement utilisée par les vétérinaires pour traiter l’anorexie chez le chat.

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Nettoyer les yeux du chat
Un nettoyage du coin interne des yeux doit être réalisé plusieurs fois par jour, notamment si vous observez des impuretés collées. Cela évite que ces impuretés ne soient elles-mêmes source d’irritation et d’inflammation ou d’infection à l’origine d’un larmoiement.
Pour cela, utilisez un nettoyant physiologique spécifique pour les yeux du chat. Il s’agit d’une lotion isotonique aux propriétés apaisante et décongestionnante, avec un pH physiologique identique à celui des larmes du chat.
Nous vous conseillons le nettoyant physiologique Epi-Otic de Virbac, qui tout en nettoyant les yeux de votre chat en douceur, apaise et décongestionne. Composée d’eau d’hamamélis et d’eau de bleuet, la lotion a des propriétés astringente (qui resserre les tissus), antibactérienne et antiseptique.

Epi-Otic
Virbac
Effectuer des séances d’inhalation
Le chat ne pouvant pas se moucher, il est nécessaire de l’aider à désencombrer ses cavités nasales.
Pour cela, des inhalations d’une quinzaine de minutes, effectuées deux fois par jour (le matin et le soir), pendant cinq à huit jours, permettent de fluidifier les sécrétions nasales et de faciliter leur élimination.
Les inhalations peuvent être effectuées avec le produit Pul phyton des laboratoires Vetoquinol, un modificateur d’ambiance respiratoire pour chat contenant des extraits d’huiles essentielles à l’eucalyptus.
Modificateur d’ambiance respiratoire
Pul Phyton
Vetoquinol
Le chat doit se trouver dans un espace étroit afin que les vapeurs soient le plus possible inhalées, comme sa caisse de transport par exemple.
Procédez de la façon suivante pour effectuer une séance d’inhalation :
Préparez votre chat en le mettant dans sa caisse de transport.
1 • Versez une ampoule du modificateur d’ambiance Pul phyton dans un bol.
2 • Remplissez en entier le bol d’eau bouillante.
3 • Positionnez le bol devant l’entrée de la caisse de transport, en veillant à ce que le chat ne puisse pas le renverser avec sa patte, au risque de se brûler.
4 • Recouvrez la caisse de transport et le bol d’une grande serviette humide pendant 15 minutes.
A la fin de la séance, il est recommandé d’essuyer son chat avec un tissu humide, afin qu’il n’ingurgite pas des huiles essentielles qui se seront déposées sur son pelage.
Lors de coryza chronique chez le chat, il est recommandé d’investir dans une cage spécifique et un nébuliseur à compresseur, les inhalations s’avérant plus efficaces avec ces appareils.
Renforcer l’immunité du chat
L’administration du supplément nutritionnel L-Lysine, sous forme de poudre, permet quant à lui de renforcer l’immunité du chat contre l’Herpès virus félin de type 1 et de limiter l’ampleur, la durée et/ou l’intensité des symptômes.
Supplément nutritionnel
L-Lysine
Animigo
Prévention du calicivirus chez le chat
La prévention repose principalement sur :
• La vaccination : elle ne supprime pas totalement le risque d’infection, mais réduit fortement la gravité des symptômes et les formes les plus sévères.
• Une bonne hygiène dans les lieux de collectivité (refuge, chatterie, pension) : nettoyage et désinfection réguliers, gestion des flux de chats, isolement des animaux malades.
• Une gestion raisonnée des introductions de nouveaux chats : quarantaine, contrôle sanitaire, mise à jour des vaccins.
La vaccination contre le calicivirus fait généralement partie des vaccinations de base du chat, souvent associée au typhus et au coryza.
FAQ sur le calicivirus chez le chat
Qu’est-ce que le calicivirus félin ?
Le calicivirus félin (FCV) est un virus très contagieux qui touche principalement les voies respiratoires supérieures, la bouche et parfois les articulations. Il fait partie des agents responsables du syndrome coryza chez le chat.
Le calicivirus est-il la même chose que le coryza ?
Non. Le coryza n’est pas un virus unique, mais un syndrome respiratoire causé par plusieurs agents (herpèsvirus, calicivirus, bactéries de surinfection). Le calicivirus est l’un de ces agents, avec des particularités propres, notamment les ulcères buccaux.
Un chat vacciné peut-il attraper le calicivirus ?
Oui, un chat vacciné peut encore être infecté, mais la vaccination réduit fortement la gravité des symptômes et le risque de formes graves. Le chat vacciné a généralement une meilleure chance de s’en remettre.
Comment se transmet le calicivirus entre chats ?
Le virus se transmet par la salive, les sécrétions nasales et oculaires, les éternuements, ainsi que les objets contaminés (gamelles, litières, jouets). Un chat peut aussi être contaminé par contact indirect via les mains ou les vêtements de l’humain.
Le calicivirus est-il contagieux pour l’humain ?
Non, le calicivirus félin est spécifique au chat et ne se transmet pas à l’humain. En revanche, l’humain peut transporter le virus d’un chat à l’autre via ses mains, ses vêtements ou son matériel.
Combien de temps un chat atteint du calicivirus reste-t-il contagieux ?
Un chat malade peut excréter le virus pendant plusieurs semaines. Certains chats deviennent porteurs chroniques et continuent à éliminer le virus de manière intermittente, même après la disparition des symptômes.
Peut-on guérir complètement du calicivirus félin ?
Certains chats se rétablissent et ne présentent plus de signes, mais d’autres restent porteurs. Il n’existe pas de traitement qui élimine directement le virus. La prise en charge vise à contrôler les symptômes, limiter les surinfections et maintenir une bonne qualité de vie.
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Références
Auteur de l’article
Docteur Laurence Dillière Lesseur, Vétérinaire Comportementaliste
Diplômée de l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort.
Titulaire du Diplôme Inter-Ecoles de Vétérinaire Comportementaliste.
Cofondatrice du site Catedog.com.
Sources de l’article
• Moraillon R., Legeay Y., Boussarie D. et Sénécat O. Dictionnaire pratique de thérapeutique chien, chat et NAC. Editions Masson 2010.
• Hébert F. et Bulliot C. Guide pratique de médecine interne chien, chat, NAC.Editions Med’Com, 2010.
• Hernandez J. Médecine interne féline. Editions Med’Com, 2015.
Auteur des illustrations
Vincent Lesseur, web designer, graphiste, illustrateur
Cofondateur du site Catedog.com.
Auteurs des photos
• Vincent Lesseur
• Shutterstock
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