Votre chat était tranquillement allongé sur le canapé… et d’un coup, il se met à courir comme un fou dans le salon, grimpe sur le dossier du canapé, repart à toute vitesse dans le couloir, fait demi-tour, puis s’arrête d’un coup, l’air parfaitement innocent. Ces “crises” peuvent surprendre, voire inquiéter, surtout si elles se répètent.
Rassurez-vous : dans la grande majorité des cas, ces épisodes sont des comportements normaux chez le chat. Mais ils peuvent parfois révéler un inconfort ou un stress, d’où l’intérêt de savoir les décrypter.
Pourquoi votre chat se met-il à courir comme un fou ?
Une décharge d’énergie et d’émotions
Le chat alterne de longues phases de repos avec de courtes périodes d’activité intense.
Lorsqu’il se met à courir soudainement, il “décharge” simplement :
une accumulation d’énergie,
une excitation liée à un bruit ou un mouvement,
parfois une petite montée de stress qu’il évacue en mouvement.
Cela ressemble à une mini “crise de folie”, mais pour lui, c’est une façon tout à fait normale de se défouler.
Un comportement de chasse sans proie
Même dans un appartement, le chat reste un prédateur.
Courir à toute allure, changer brusquement de direction, bondir, se cacher puis repartir reproduit :
une poursuite,
une fuite,
un jeu de cache-cache avec une proie imaginaire.
Votre chat joue une scène de chasse… même s’il n’y a aucun mulot dans le salon.
Un pic d’activité crépusculaire
Le chat est un animal crépusculaire. Il est souvent plus actif :
tôt le matin,
en fin de journée ou en début de nuit.
C’est à ces moments-là que vous observez le plus souvent ces “crises”.
Si votre chat s’ennuie une partie de la journée, ce pic d’activité peut être encore plus marqué.
Une réaction à une sensation soudaine
Il arrive qu’un chat se mette à courir d’un coup parce qu’il a ressenti :
une odeur nouvelle,
un petit bruit (tuyauterie, voisin, craquement),
un frôlement sur sa peau (cheveu, poussière, pli de tissu),
qu’il interprète comme un stimulus important. Plutôt que de rester immobile, il démarre au quart de tour.
Pourquoi s’arrête-t-il net après ces “crises” ?
Un comportement très bref mais intense
Le chat fonctionne souvent en séquences courtes :
je me repose,
je m’active intensément,
je me repose de nouveau.
Une fois que la décharge d’énergie est passée, il peut s’arrêter net, s’asseoir et faire sa toilette comme si de rien n’était.
Une vigilance permanente
Entre deux sprints, votre chat reprend une posture d’observation :
il se fige,
il écoute,
il surveille l’environnement.
S’il juge qu’il n’y a plus de “raison” de courir (dans sa logique à lui), la séquence s’interrompt d’un coup.
Un retour très rapide au calme
Contrairement à nous, qui restons parfois excités longtemps après un effort ou une émotion, le chat peut passer très vite de l’agitation au calme.
Ce contraste donne l’impression de “crise”, puis de retour brutal à la normale.
Quand ces crises sont-elles normales ?
Les “courses folles” sont généralement rassurantes si :
votre chat mange bien,
il joue normalement,
il utilise bien sa litière,
il ne boite pas,
il ne se lèche pas excessivement,
il reste sociable et curieux.
Ces épisodes sont alors surtout :
une façon de se défouler,
une expression de son tempérament joueur,
une réponse à un environnement un peu pauvre en stimulations.
Quand faut-il commencer à se poser des questions ?
Il peut être utile de s’interroger si :
les épisodes deviennent très fréquents et semblent liés à une agitation générale,
votre chat miaule de façon inhabituelle pendant ou après ces “crises”,
il se met à se lécher frénétiquement une zone précise du corps après avoir couru,
il semble douloureux (refus de sauter, boiterie, dos voûté),
il percute les meubles ou paraît maladroit, comme s’il voyait moins bien,
il paraît désorienté, surtout s’il est âgé (semble perdu, miaule sans raison apparente, rythme jour/nuit inversé).
Dans ces cas, ces courses peuvent parfois dissimuler :
une douleur (articulaire, digestive, cutanée),
un trouble visuel ou neurologique,
un stress ou une anxiété plus profonds.
Comment pouvez-vous l’aider au quotidien ?
Enrichir son environnement
Un chat qui a de quoi s’occuper aura moins besoin de “crises” pour se défouler. Vous pouvez :
lui proposer un arbre à chat avec des hauteurs,
installer des cachettes (tunnel, cartons, cabane),
mettre des griffoirs adaptés,
laisser des jouets variés à disposition (balles, souris, circuits).
Jouer avec lui, surtout en fin de journée
Les jeux interactifs sont très utiles, notamment :
la canne à plume ou à ruban,
la petite balle à lancer,
les jouets qui imitent une proie qui s’enfuit.
Un bon moment de jeu suivi d’un repas aide souvent le chat à mieux se poser ensuite.
Respecter ses phases de repos
Même si ses “crises” peuvent être amusantes, il est important :
de le laisser tranquille quand il dort profondément,
de ne pas le réveiller pour jouer,
de lui offrir des lieux de repos où il ne sera pas dérangé.
Un chat bien reposé gère souvent mieux ses moments d’activité intense.
Ne pas le gronder pendant ses courses
Le gronder ou le poursuivre risque de :
ajouter du stress,
le rendre plus nerveux,
transformer ces courses en jeu d’interaction non souhaité.
Mieux vaut sécuriser l’environnement (objets fragiles, accès dangereux) que chercher à supprimer totalement ce comportement.
Consulter un vétérinaire ou un vétérinaire comportementaliste ?
Une consultation vétérinaire est recommandée si :
ces “crises” apparaissent soudainement alors qu’il ne le faisait jamais avant,
elles s’accompagnent de signes inquiétants (douleur, boiterie, démangeaisons intenses, perte de poids, changement d’appétit),
votre chat est âgé et semble désorienté ou miaule beaucoup sans raison apparente.
Si le vétérinaire ne trouve pas de cause médicale mais que :
votre chat semble très anxieux,
il présente d’autres comportements liés au stress (malpropreté, léchage excessif, agressivité, cachettes fréquentes),
Un vétérinaire comportementaliste pourra vous aider à analyser :
l’origine émotionnelle de ces épisodes,
le rôle éventuel de l’environnement (bruits, tensions, changements),
- les aménagements à mettre en place pour le rassurer et canaliser ses pics d’activité.
Conclusion
Un chat qui se met à courir comme un fou puis s’arrête net n’est pas forcément en train de faire une “crise” au sens pathologique. La plupart du temps, il exprime simplement son besoin de se défouler, de jouer, d’explorer ou de répondre à un petit stimulus que nous n’avons même pas remarqué.
En enrichissant son environnement, en partageant avec lui de vrais moments de jeu et en observant son état général, vous pouvez profiter de ces élans de folie féline… tout en restant attentif aux signes qui méritent un avis vétérinaire.
Et si ces épisodes s’inscrivent dans un contexte de stress ou d’anxiété, un accompagnement par un vétérinaire comportementaliste permettra de retrouver un équilibre plus serein pour votre chat.
Equipe rédactionnelle de Catedog sous la direction du
Docteur Laurence Dillière Lesseur, Vétérinaire Comportementaliste
