Mon chat a toujours soif

La consommation excessive d’eau ou polydipsie primitive chez le chat

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Normalement, la quantité maximale d’eau bue par le chat, quelles que soient les conditions climatiques et le type d’alimentation, est de100 ml par kilo et par 24 heures.

En moyenne, elle ne dépasse pas 50 ml par kilo et par 24 heures.

Ne surtout pas confondre

• La fréquence de la prise de boisson avec la quantité globale bue par le chat.

• Une augmentation de la prise de boisson due à une lésion de la cavité buccale ou à une anomalie de comportement, par exemple, avec une consommation excessive d’eau causée par un trouble du métabolisme de l’eau.

C’est pourquoi, tout symptôme de soif accrue chez le chat doit faire l’objet d’une consultation chez un vétérinaire.

Qu’appelle t-on une consommation excessive d’eau ou polydipsie primitive chez le chat ?

La consommation excessive d’eau ou polydipsie est la conséquence d’un trouble du métabolisme de l’eau, qui dépend essentiellement de l’élimination rénale des urines et de la soif. Cette élimination rénale dépend de plusieurs hormones. Cependant, un apport minimal d’eau est nécessaire pour éviter la déshydratation. Lorsque le chat se met à boire ou à uriner davantage que la normale, on peut incriminer deux phénomènes :

• Soit le rein s’adapte à un apport excessif d’eau ou de minéraux en se mettant à sécréter davantage d’urine.

• Soit il existe un dérèglement de la sécrétion d’urine augmentant l’élimination de l’eau, ce que le chat cherche à compenser, en buvant davantage qu’à l’ordinaire.

Causes d’une polydipsie primitive chez le chat

• Trouble du comportement lié à un état anxieux (trouble de la communication par exemple…), ou survenant à la suite d’un stress (accueil d’un nouveau chien ou chat, déménagement, mise en pension…).

• Lésions du cerveau.

• Prise de certains médicaments.

Dans ces cas, le vétérinaire est amené à utiliser des médicaments psychotropes, c’est-à-dire agissant sur le comportement. Une thérapie comportementale basée sur le reconditionnement est en général associée.

L’élimination excessive d’eau ou polyurie chez le chat

L’élimination excessive d’eau ou polyurie correspond à l’émission d’urine en quantité anormale chez le chat, dépassant 100 ml par kilo et par 24 heures.

Ne surtout pas confondre

Le fait d’uriner souvent mais en petite quantité (par exemple, dans les cystites) et le fait d’uriner une grande quantité globale (par exemple, dans le diabète).

Causes d’une polyurie primitive

Lésion cérébrale entraînant un trouble hormonal concernant l’hormone antidiurétique

Dans ce cas, le rein n’est pas lésé, mais en l’absence de l’hormone retenant l’eau, l’animal élimine en permanence de grandes quantités d’urines. Pour compenser, il boit beaucoup. Certains chiens de taille moyenne peuvent ainsi consommer entre 5 et 7 litres d’eau par 24 heures. Dans ce cas, il ne faut surtout pas restreindre l’eau, au risque d’entraîner une déshydratation rapide et mortelle.

Affections métaboliques

Les affections au sein de l’organisme du chat peuvent être :

• Du diabète insipide d’origine rénale : lésion rénale rendant le rein insensible à l’hormone concentrant l’urine.

• Du diabète sucré : perte de sucres dans les urines entraînant une fuite excessive d’eau.

• Une insuffisance rénale : excrétion excessive d’urée rendant impossible la concentration des urines, le chat compense en éliminant des urines abondantes et diluées.

• Une insuffisance hépatique.

• Un mauvais fonctionnement des glandes surrénales.

• Une hypercalcémie : augmentation anormale du taux de calcium dans le sang.

Origine thérapeutique

Prise de diurétiques : médicaments entraînant l’augmentation de la sécrétion d’urine.

• Perfusion de soluté salé…

Conclusion

Des mécanismes complexes interviennent pour réguler les entrées et les sorties d’eau dans l’organisme.

Le vétérinaire, professionnel de la santé de l’animal, est à même de diagnostiquer la cause de l’origine d’une éventuelle polyuro-polydipsie et d’en réaliser la prise en charge.

Pour cela, des examens complémentaires sont souvent nécessaires. Une prise de sang ainsi qu’une exploration urinaire constituent les examens les plus fréquents. Le vétérinaire élimine au préalable les causes physiologiques, telles que : le passage à un aliment sec, une augmentation de la température extérieure, un exercice physique important. Il élimine également les causes pathologiques banales, telles que la fièvre.

On aura donc compris qu’un abreuvement modéré témoigne d’un bon état de santé du chat.

Docteur Laurence Dillière Lesseur, Vétérinaire Comportementaliste

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