Choisir son chien

Chaque chien est unique !

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Les croyances erronées concernant les races de chien

Ranger les chiens dans des cases caractérisant leur tempérament constitue une donnée erronée induisant de fausses croyances, car chaque chien est unique !

Exemples de croyances erronées :

• Le Rottweiler est agressif.

• Le Labrador est gentil avec les enfants.

• Le Berger allemand est dominant.

La complexité du concept de tempérament chez le chien

Une quantité pléthorique d’informations caractérisant le tempérament des chiens est largement diffusée pour être in fine relayée par les maîtres eux-mêmes mais il s’agit en réalité d’une thématique beaucoup plus complexe. En effet, le tempérament désigne « une tendance personnelle à réagir » et ne peut être défini qu’à partir de l’étude des réactions du chien dans plusieurs situations différentes.

A l’heure actuelle, il n’existe aucun test fiable permettant de catégoriser le tempérament des chiens. La difficulté de valider une méthode scientifique pour décrire celui-ci tient à la trop grande variabilité de critères existants. La recherche doit encore avancer dans ce domaine.

La génétique chez le chien de race

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La génétique du chien de race n’explique pas tout

La génétique n’explique pas à elle seule le comportement du chien. Elle détermine principalement les aptitudes générales dominantes de la race qui ont été sélectionnées par l’Homme au cours de la raciation, notamment en ce qui concerne les critères de perception et de motricité (par exemple, la chasse, le travail, le gardiennage…).

L’importance de l’histoire de la race

Un réel problème émerge avec des races nouvellement à la mode souvent acquises sans que le futur maitre n’ait pris conscience des réels besoins du chien (le Berger Australien, le Chihuahua, le Carlin ou le Bouledogue Français par exemple).

La race est un critère déterminant dans l’acquisition d’un chien : il est indispensable de se renseigner sur l’histoire de la race et la fonction du chien au sein de celle-ci avant de s’engager dans un processus d’adoption !

L’environnement du chien

L’environnement auquel est soumis le chien durant son développement revêt également une importance capitale !

En particulier, l’éducation qu’il reçoit lui permet d’optimiser le développement de certaines aptitudes :

Les contacts du chien avec tout type d’humain

Cela permet au chien de rentrer facilement en contact avec tous les individus.

Par exemple : apprécier les enfants et jouer avec eux.

L’exposition du chien à tout type de stimulations

Cela permet au chien de favoriser et d’augmenter sa tolérance à des milieux variés et de s’y adapter.

Pa exemple : ne pas sursauter au moindre bruit.

La régulation de l’activité motrice du chien

Cela permet au chien de se contrôler et d’enchaîner divers comportements.

Par exemple : accueillir les gens sans sauter et s’asseoir.

Les rituels de communication chez le chien

Cela permet au chien de communiquer paisiblement au sein de son groupe (exemple : la famille) en y trouvant “sa place” de façon harmonieuse.

Par exemple : le chien doit obéir sans manifester d’agressivité.

L’équilibre émotionnel du chien

Tous les chiens sont des chiens de compagnie

Toutes les capacités de vie en société précédemment exposées font partie de l’équilibre émotionnel du chien qui s’acquiert donc sous certaines conditions. De sorte que si l’environnement est propice, tous les chiens sont de potentiels chiens de famille capables de s’adapter.

Rien n’est “joué” d’avance, et une éducation bien menée, quelle que soit la race, permet d’obtenir les mêmes résultats. Mais il faut quand-même toujours garder en tête les bases génétiques comportementales qui ont conditionné la sélection de la race du chien que l’on a choisi d’adopter.

Tous les chiens n’ont pas les mêmes besoins

La question fondamentale à se poser est : quel mode de vie il est possible d’offrir à son chien, compte tenu de ses besoins ?

Certaines races de chiens nécessitent plus d’exercice (les chiens de Chasse comme le Pointer par exemple) ou de travail (les chiens de Berger comme le Border Collie ou le Berger Australien par exemple) que d’autres.

De même, certaines races de chiens peuvent se satisfaire plus aisément d’une vie en appartement (chiens de compagnie comme le Bichon par exemple) que d’autres. Une race qui serait moins prédisposée à la vie en appartement (le Husky par exemple) peut très bien s’adapter à condition de respecter un minimum de sorties. Un chien qui vit en appartement et sort fréquemment avec son maître est souvent plus heureux qu’un chien livré à lui-même dans un jardin, des jours durant.

La responsabilité du maître envers son chien

La responsabilité du maître passe par le choix raisonné de la race. Un maître responsable est davantage capable de mener à bien une éducation appropriée de son animal et de lui fournir un confort de vie contribuant à son épanouissement.

La relation n’en sera que plus harmonieuse !

L’optimisation de la relation entre l’humain et le chien

Génétique et environnement sont donc deux facteurs indissociables l’un de l’autre dans les relations Homme-chien.

Mais la capacité d’entrer en relation à l’humain ne dépend pas de la race. Il faut avant tout que le chien reconnaisse l’humain comme une espèce amie, qui ne doit pas être chassée.

Les facteurs entrant en jeu dans ce processus 

 Les qualités génétiques individuelles du chien concernant :

• Ses capacités de conceptualisation : en fonction de sa génétique le chien est plus ou moins capable de conceptualiser qu’un homme, une femme et un enfant font partie d’une seule et même espèce.

• Ses capacités de généralisation : de même, le chien est plus ou moins capable d’étendre ces capacités à tous les individus de l’espèce humaine et à tous les biotopes : milieu ouvert, fermé, environnements variés…

La qualité de la socialisation que le chien a reçue 

La socialisation est la période durant laquelle le chien apprend à quelle espèce il appartient (on parle d’imprégnation). Le chien va apprendre à identifier son semblable qui sera son futur partenaire social et sexuel. Il apprendra ainsi à quelle espèce il appartient et quelles sont les espèces amies. Durant cette période, il va également apprendre à communiquer ainsi que les règles qui gèrent cette communication.

C’est pourquoi, il est très important que durant cette période le chien rencontre des êtres humains de tout âge, de tout sexe et de toute race.

L’imprégnation et la socialisation se réalisent durant une période particulière du développement du chien. Cette période est encore appelée période sensible, elle semble commencer autour de la troisième semaine et s’achever vers le quatrième mois mais cette limite ne paraît pas absolue. Elle correspond à une tranche d’âge durant laquelle les évènements vécus peuvent induire des effets durables dans le temps, ou pendant laquelle se réalise un apprentissage facilité et mémorisé à longue échéance. Elle correspond à un moment particulier du développement du système nerveux central. Pendant la période sensible, une petite quantité d’expériences déterminantes va produire des effets (ou des dommages) majeurs sur le comportement ultérieur. La période sensible est précédée et suivie d’une période de moindre sensibilité et la transition est graduelle.

L’enrichissement et les variations du milieu de vie du chien durant la période sensible de son développement permettent de combler ses déficits génétiques en évitant la prédation sur l’humain ou plus généralement sur une espèce cible (à laquelle l’animal n’est pas socialisé).

Quelques remarques concernant l’imprégnation du chien à son espèce 

On a pu constater que certains chiens de grand format ont tendance à faire de la prédation sur les petits chiens. C’est pourquoi sur ces individus, la socialisation aux petits chiens sera primordiale (pour une bonne imprégnation à son espèce, le Docteur Joël Dehasse, Vétérinaire Comportementaliste, préconise que chaque chien puisse rencontrer au moins 7 morphotypes différents de chiens).

On sait aussi que la période sensible chez le chien se termine de façon variable selon les races : elle a tendance à se raccourcir chez les races lupoïdes (apparentées au chien loup) et à s’allonger chez les chiens de compagnie ou encore les Golden Retrievers, par exemple.

Par ailleurs, d’autres facteurs, autres que raciaux ou individuels interviennent dans la durée de la période sensible. Notamment, celle-ci a tendance à se rallonger lorsque l’environnement est riche en stimulations. Lorsque les conditions sont difficiles, elle a tendance à se raccourcir.

Ce qui en découle de façon pratique vis-à-vis de l’humain

On ne peut pas dire d’emblée qu’une race de chien soit plus docile qu’une autre avec des enfants ou même des humains en général. Cette relation constitue un des apprentissages précoces indispensable à une future vie parmi les humains combinée à des qualités génétiques. Mais il ne s’agit pas d’une qualité innée.

De la même façon, on ne peut pas dire qu’une race de chien soit plus dangereuse qu’une autre.

La rencontre avec une quantité d’autant plus importante de morphotypes d’humains variés est importante : toutes races, tous sexes, tous âges. Ainsi, pour une bonne familiarisation à l’humain, le Dr Joël Dehasse préconise que chaque chien puisse rencontrer 7 fois plus de morphotypes que pour la socialisation à ses congénères, soit environ 7×7=49 morphotypes différents.

Docteur Laurence Dillière Lesseur, Vétérinaire Comportementaliste

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