Lymphome du chat : symptôme, traitement

Les thèmes abordés

ganglion-lymphatique-cancer-tumeur-lymphome

Ou sont les ganglions lymphatiques (aussi appelés noeuds lymphatiques) chez le chat ? Qu’est-ce qu’un cancer des ganglions lymphatiques ? Quel est l’évolution du lymphome chez le chat ?

Découvrez nos conseils vétérinaires illustrés et des réponses aux questions que vous vous posez concernant ce cancer du système lymphatique et des organes internes chez le chat…

Définition du système lymphatique chez le chat

Le système lymphatique assure la défense de l’organisme contre les infections. Il est principalement constitué de vaisseaux et de ganglions (des petits organes en forme de haricot) dans lesquels circule la lymphe, un liquide transparent contenant des lymphocytes.

Le système lymphatique est relié aux différents tissus et organes du corps, à l’exception du système nerveux, du cartilage et des muscles.

On distingue les lymphocytes T et les lymphocytes B, des cellules de la famille des leucocytes, encore appelés globules blancs. Les lymphocytes sont produits dans le thymus et la moelle osseuse tandis que leur prolifération est assurée par les ganglions (ou noeuds) lymphatiques et la rate.

Système lymphatique et lymphome du chat

Définition du lymphome chez le chat

Le lymphome (terme provenant de “lymphocyte”), encore appelé lymphome malin ou lymphosarcome, est un cancer qui consiste en une prolifération tumorale de lymphocytes se propageant au sein du système lymphatique et de différents organes internes du chat.

Les cibles de ce cancer sont les ganglions (ou noeuds) lymphatiques (au niveau de la gorge, du thorax, de l’abdomen…), le foie, la rate, l’estomac, l’intestin, les reins, le cœur et les poumons puis le système nerveux central, les yeux et la peau.

Le lymphome est un cancer très agressif qui représente la première cause de cancer chez le chat (60% des tumeurs). Plus le lymphome est diagnostiqué précocement, meilleur est le pronostic. Sans traitement, l’espérance de vie du chat est de 3 semaines à 6 mois.

Le lymphome touche plus particulièrement les chats porteurs du virus FeLV (70% des chats atteints sont FeLV positifs). L’âge moyen d’apparition de la tumeur est de 3 ans pour les chats infectés par le virus (FeLV positif) et de 7 ans pour les porteurs sains (FeLV négatif).

Les chattes non stérilisées sont prédisposées au lymphome. Une chatte entière a 2 fois plus de risque qu’une chatte stérilisée de développer un cancer. La stérilisation est donc bénéfique pour la chatte, surtout si celle-ci est effectuée précocement. Il est alors conseillé de stériliser sa chatte vers 6 mois, juste avant les premières chaleurs.

Les différents lymphomes chez le chat

Il n’existe pas un lymphome mais plusieurs formes de lymphome, en fonction du type de cellules concernées (lymphocyte B ou T) mais aussi de la localisation de la tumeur dans l’organisme du chat.

Le lymphome peut se présenter sous 5 formes cliniques chez le chat :

• Le lymphome médiastinal.

• Le lymphome digestif.

• Le lymphome multicentrique.

• Le lymphome rénal.

• Le lymphome extra-nodal.

Le lymphome médiastinal

Le lymphome médiastinal constitue la forme la plus représentée des lymphomes (40% des cas chez le chat) : les ganglions (ou noeuds) lymphatiques situés dans le médiastin et/ou le thymus sont atteints.

Le médiastin est l’espace situé entre les poumons, qui contient le cœur, l’œsophage et la trachée et d’autres structures.

Le thymus est un organe du système immunitaire situé dans la partie supérieure du thorax, à la base du cou. Le thymus participe à la fabrication des cellules immunitaires, les lymphocytes T.

Le lymphome touche en général les chats jeunes, infectés par le virus FeLV.

lymphome-malin-mediastinale-du-chat

Le lymphome digestif abdominal

Le lymphome digestif abdominal représente la seconde forme clinique rencontrée chez le chat. La tumeur touche le tube digestif et ses annexes situés dans le ventre ainsi que les ganglions (ou noeuds) lymphatiques mésentériques (disposés autour du tube digestif).

Il concerne en général les chats âgés non infectés par le virus FeLV.

lymphome-malin-forme-digestive-du-chat

Le lymphome multicentrique

Contrairement au chien, le lymphome multicentrique est plus rare chez le chat. C’est un cancer généralisé : plusieurs ganglions lymphatiques sont atteints ainsi que la rate et le foie.

On observe une augmentation de volume des ganglions lymphatiques, une infiltration du foie, de la rate et/ou de la moelle osseuse.

lymphome-multicentrique-tumeur-cancer-chat

Le lymphome rénal

Le lymphome rénal concerne les reins. Les chats atteints sont présentés avec des signes d’insuffisance rénale aiguë (une défaillance des reins qui ne filtrent plus correctement le sang).

Le lymphome extra-nodal

Le lymphome extra-nodal correspond à l’atteinte d’un site extraganglionnaire (un site extérieur aux ganglions lymphatiques) qui est directement contigu ou adjacent au groupe de ganglions lymphatiques connus.

Le lymphome affecte tout organe ou tissu (rein, système nerveux central, œil, nez…). Les symptômes varient avec la localisation de la tumeur.

Symptômes du lymphome chez le chat

On trouve différents symptômes selon la localisation du cancer :

Lymphome médiastinal

• Des difficultés respiratoires.

• De la toux.

• Un épanchement pleural : une accumulation de liquide dans l’espace pleural, un espace situé entre les deux feuillets qui entoure et protège les poumons durant les mouvements respiratoires.

• Un amaigrissement du chat.

Lymphome digestif

• Des vomissements, pouvant contenir du sang.

• De la diarrhée.

• De la constipation.

• Un amaigrissement du chat.

• L’émission par l’anus de sang noir avec une forte odeur ou de sang mêlé à des selles.

• Une ou plusieurs masses abdominales liée(s) à l’hypertrophie des ganglions lymphatiques mésentériques (disposés autour du tube digestif).

Lymphome multicentrique

• Une perte d’appétit.

• Un amaigrissement.

• De l’anorexie.

• Une masse palpable, surtout au niveau de la gorge, liée à l’hypertrophie des ganglions sous-maxillaires.

Lymphome nerveux central

• Une paralysie légère des membres inférieurs se traduisant par des difficultés dans les mouvements et conduisant à une paraplégie progressive.

• Des troubles du comportement, des crises convulsives.

• La perte complète de la vue.

Lymphome rénal

• Une polyuro-polydipsie : trouble caractérisé par une augmentation de la quantité d’eau bue et de la quantité d’urines émise au cours d’une journée.

• Des vomissements.

• De la diarrhée.

• Un amaigrissement du chat.

• Une augmentation du volume des reins.

lymphome-tumeur-cancer-renale-rein-chat

Lymphome cutané

• Une masse ou des nodules provoquant des démangeaisons.

• Des hémorragies cutanées.

• Une perte de poils localisée.

Lymphome oculaire

• Le chat est sensible à la lumière (voire ne la supporte plus).

• Une conjonctivite.

• La présence de sang dans l’espace se situant entre la cornée et l’iris.

Diagnostic du lymphome chez le chat

L’examen clinique oriente le vétérinaire vers une suspicion de cancer qu’il va confirmer par des examens complémentaires.

Une cyto-ponction (qui consiste à prélever des cellules tumorales au moyen d’une aiguille) des ganglions lymphatiques ou des organes atteints est réalisée pour un examen cytologique et/ou histologique : le prélèvement récupéré est ensuite analysé et examiné au microscope dans un laboratoire d’histologie afin de déterminer si la tumeur est cancéreuse ou non.

ponction-lymphome-peau-tumeur-chat-chien

En cas de tumeur maligne, l’histologie permet de préciser son type (lymphome dans le cas présent) et son degré de gravité : le type de cellules concernées (lymphocytes B ou lymphocytes T), son grade (développement plus ou moins rapide de la tumeur), son stade (avancée du cancer dans l’organisme).

Pour ce faire, le recours à l’échographie, la radiographie, l’IRM, l’endoscopie et la chirurgie sont parfois nécessaires.

En parallèle, le vétérinaire recherche une infection chez le chat par les virus FeLV et FIV et réalise des examens sanguins venant compléter le bilan clinique.

Environ 25 % des chats présentant un lymphome malin seraient infectés par le virus FeLV. Le virus FIV, quant à lui, serait indirectement impliqué (essentiellement dans la forme extra-nodale du chat adulte).

Traitement du lymphome chez le chat

Suite au diagnostic qui aura permis de déterminer précisément la nature de la tumeur, son grade et son stade, le vétérinaire vous exposera les différentes possibilités de traitement

Vous pourrez discuter avec le vétérinaire afin d’y voir plus clair concernant : le pronostic du lymphome, les chances de guérison complète ou de survie, la durée de rémission, les traitements possibles, leur coût, leurs contraintes et leurs effets secondaires…

La rémission désigne l’absence de signes cliniques du lymphome après un traitement. Elle dépend essentiellement de la réponse tumorale : un chat dont la tumeur répond peu ou pas du tout au traitement ne présentera qu’une rémission partielle et aura une espérance de vie courte. A l’inverse, un chat dont la tumeur répond bien au traitement aura des chances de présenter une rémission complète et aura une espérance de vie plus longue.

La guérison n’est envisageable que si la tumeur a été décelée précocement, qu’elle ne s’est pas propagée à d’autres organes et qu’elle répond bien au traitement. De plus une guérison ne devient réelle qu’après 2 ans de rémission.

Chimiothérapie du lymphome

La polychimiothérapie, qui est l’association de plusieurs médicaments de chimiothérapie, constitue le traitement de choix pour ce cancer. En effet, le lymphome est une tumeur très sensible à la chimiothérapie mais les chances de guérison sont faibles. Cette dernière permet essentiellement de prolonger la vie du chat, dans des conditions optimales, avec une rémission des symptômes dans 8 cas sur 10 et une survie médiane de 5 à 20 mois (seulement 20 % des chats survivent plus d’un an).

La chimiothérapie désigne l’administration de médicaments qui agissent sur les cellules cancéreuses. Le traitement a pour but de détruire les cellules ou de stopper la multiplication.

Chirurgie du lymphome

La chirurgie est envisagée quand cela est possible. Cela dépend du grade, du stade et de la localisation du lymphome.

Elle peut être envisagée pour le lymphome médiastinal, le lymphome digestif lorsque la tumeur est localisée au niveau du tube digestif et lors d’occlusion intestinale partielle ou totale. Elle est également intéressante lors de lymphome cutané ou lors de lymphome oculaire. Dans ce dernier cas une énucléation de l’œil atteint (retrait de l’œil) est pratiquée.

Le retrait chirurgical doit s’opérer sur une large surface, concernant la lésion elle-même et le tissu environnant. Ceci est plus facile lorsque la tumeur est petite et opérée précocement.

Radiothérapie du lymphome

La radiothérapie est pratiquée quand la localisation le permet, en cas de lymphome nasal ou nerveux par exemple.

La radiothérapie consiste à détruire les cellules cancéreuses en envoyant des rayons capables d’irradier une tumeur et ainsi de détruire les cellules qui la composent, bloquant ainsi leur capacité à se multiplier.

L’irradiation détruit les cellules tumorales tout en épargnant les tissus qui l’entourent.

Pronostic du lymphome chez le chat

Le pronostic du lymphome dépend de multiples facteurs : le stade de la maladie (avancée du cancer dans l’organisme), l’expression des symptômes (respiratoires, urinaires, digestifs, oculaires), le grade de la tumeur (son développement plus ou moins rapide), le type de cellules concernées (lymphocytes B ou lymphocytes T) et la localisation de la tumeur.

Connaître le stade du lymphome est essentiel pour se faire une idée du pronostic et déterminer le traitement le plus approprié. Moins le lymphome s’est propagé dans l’organisme, meilleurs sont l’espérance de vie et/ou dans certains cas rares les chances de guérison du chat.

Le pronostic dépend également du statut du chat vis-à-vis du virus FeLV, du stade de la maladie et de la réponse au traitement.

Concernant la chimiothérapie, comme nous l’avons dit précédemment, celle-ci peut avoir un impact positif sur l’espérance de vie du chat si celui-ci répond bien au traitement. Ce dernier devra alors être prolongé après une rémission des symptômes afin que le chat ne rechute pas.

Selon différentes études, le pronostic peut être le suivant :.

Selon le stade de la tumeur, le pronostic peut être :

• Stades I et II : 50% des chats sont encore en vie après 7,6 mois.

• Stade III et IV : 50% des chats sont encore en vie après 3,2 mois.

• Stade V : 50% des chats sont encore en vie après 2,6 mois.

Selon la localisation de la tumeur , le pronostic peut être :

• Lymphome médiastinal : l’espérance de vie est de 2 ans pour 10% des chats.

• Lymphome digestif : 50% des chats sont encore en vie après 8 mois.

• Lymphome  multicentrique : 50% des chats sont encore en vie après après 2 ans.

• Lymphome rénal : les chances d’être encore en vie est de 50% après 12 mois, réduit à 7 mois si le chat est atteint du FeLV.

bande-blancheachat-sante-conseil-veterinaire-chat

Sujets en lien avec le lymphome chez le chat

bande-blancheVous vous posez une question sur le lymphome chez le chat ? N’hésitez pas à vous tourner vers votre vétérinaire, le professionnel de la santé de votre chat 🐱

bande-blancheDocteur Laurence Dillière Lesseur, Vétérinaire Comportementaliste

👍 Pensez à informer votre entourage en partageant cet article facile à comprendre grâce aux photos et illustrations 👍

Donnez votre avis :

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (47 votes, moyenne : 4,30 sur 5)
Loading...

Un commentaire ou une question ?

C'est parti !

Les commentaires et questions sont provisoirement fermés. Merci de votre compréhension

Rédiger un commentaire

Merci de respecter la charte de publication du site.
Attention : votre commentaire sera visible par tous.

Réponse

Votre email ne sera jamais affiché publiquement

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>