Tumeur du cerveau – cérébrale • Chien

Les thèmes abordés

Découvrez nos conseils vétérinaires illustrés et des réponses aux questions que vous vous posez sur les tumeurs de l’encéphale chez le chien…

Définition de l’encéphale du chien

L’encéphale est l’organe central du système nerveux. Il est le siège des fonctions cognitives, sensorielles, motrices et végétatives.

Il est communément appelé cerveau car ce dernier compose la majorité de l’encéphale. Mais outre le cerveau, l’encéphale contient également le cervelet et le tronc cérébral, ce dernier servant de relais entre les structures de l’encéphale et la moelle épinière.

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Description de la tumeur cérébrale chez le chien

Sous le terme tumeur cérébrale, employé dans le langage courant, il faut en réalité comprendre tumeur encéphalique, c’est-à-dire toute tumeur concernant quelque partie que ce soit de l’encéphale : le cerveau proprement dit, le cervelet ou le tronc cérébral.

Les tumeurs cérébrales sont surtout des méningiomes et des gliomes chez le chien et atteignent plus souvent le cerveau (dans 75% des cas) que le cervelet ou le tronc cérébral.

La tumeur cérébrale concerne essentiellement le chien âgé. L’âge moyen se situe entre 9 et 10 ans avec un intervalle compris entre 1 et 17 ans. Les chiens de races croisées ainsi que le Boxer, le Golden Retriever, le Labrador Retriever, le Pinscher et le Terrier Ecossais sont plus souvent touchés.

Qu’elles soient cancéreuses ou non, les problèmes rencontrés par les tumeurs cérébrales proviennent essentiellement de leur développement local provocant :

• Une compression et une destruction des tissus nerveux avoisinants.

• Une perturbation de la circulation du sang entraînant un œdème ou une hémorragie.

• Une perturbation du liquide cérébro-spinal (liquide dans lequel baignent le cerveau, le cervelet et la moelle épinière) entraînant une hydrocéphalie.

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Les signes sont d’abord légers et peu visibles par le maître du chien. Puis ils évoluent vers des perturbations nerveuses plus graves comme des convulsions et une altération partielle des fonctions locomotrices (appelée parésie).

Si le diagnostic d’une tumeur au cerveau, au cervelet ou au niveau de la moelle épinière peut être source d’inquiétude pour le maître, il faut savoir que, grâce aux progrès de la médecine vétérinaire (permis notamment par les techniques d’imagerie comme l’IRM ou le scanner permettant d’identifier avec précision une tumeur), il existe dans certains cas des traitements curatifs ou améliorant considérablement les conditions de vie du chien malade.

Les tumeurs cérébrales chez le chien peuvent être :

Des tumeurs bénignes

Les tumeurs bénignes sont des tumeurs non cancéreuses donc sans gravité  et qui n’engendrent pas de métastases. C’est-à-dire qu’elles ne se propagent pas à d’autres parties du corps. Cependant de manière exceptionnelle, elles peuvent se transformer en tumeurs malignes.

Des tumeurs malignes

Les tumeurs malignes sont des tumeurs graves encore appelées cancer ou tumeurs cancéreuses. Elles peuvent se propager à d’autres parties du corps (on parle alors de métastases) et engager le pronostic vital du chien.

Il s’agit :

• Soit d’une tumeur maligne primitive (qui a pris naissance dans l’encéphale du chien) dont les cellules cancéreuses vont engendrer des métastases dans d’autres parties du corps.

• Soit de métastases se créant dans l’encéphale du chien suite à une tumeur maligne primitive des mamelles, de la thyroïde, de l’os, des sinus et des cavités nasales ou de la peau

En savoir plus : sur les tumeurs bénignes et malignes et les métastases chez le chien.

Principales tumeurs cérébrales chez le chien

Les méningiomes

Les méningiomes sont des tumeurs du système nerveux se développant aux dépens des méninges, c’est-à-dire des enveloppes entourant le cerveau et la moelle épinière du chien.

Les méningiomes peuvent être des tumeurs bénignes ou malignes.

Les méningiomes sont les tumeurs cérébrales les plus fréquentes chez les races de chiens dolichocéphales : les Lévriers ou le Doberman par exemple.

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Les gliomes

Les gliomes sont des tumeurs du système nerveux se développant aux dépens du tissu glial (composé de cellules gliales), c’est-à-dire du tissu de soutien des neurones ou cellules nerveuses.

Les gliomes sont toujours des tumeurs malignes.

Il existent plusieurs types de tumeurs du tissu glial. Les deux plus fréquentes sont les astrocytomes qui se développent au dépend des astrocytes et les oligodendrogliomes qui concernent les oligodendrocytes.
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Les gliomes sont les tumeurs cérébrales les plus fréquentes chez les races de chiens brachycéphales : le Bouledogue français, le Boxer, le Carlin ou le Terrier de Boston par exemple.gliome-cerveau-encephale-chien

Symptômes des tumeurs cérébrales chez le chien

Symptômes des tumeurs cérébrales au début de la maladie

Les symptômes généraux sont :

• De l’anorexie.

• Le chien est fatigué, abattu, prostré…

Les symptômes les plus fréquents sont :

• Des crises convulsives.

• Une marche en tournant sur un cercle fictif (appelée marche sur le cercle).

Les symptômes varient en fonction de la localisation de la tumeur dans l’encéphale mais aussi de sa taille et du degré de compression des tissus avoisinants.

La tumeur est localisée dans le cortex cérébral (ou cerveau)

Il s’agit d’un syndrome cortical.

On observe des modifications du comportement et du caractère chez le chien (parfois avant les signes physiques !), des convulsions, une marche en tournant sur un cercle fictif, un déficit de vision, un déficit postural opposé au siège de la tumeur, un déficit de la sensibilité à la douleur.

La tumeur est localisée dans le tronc cérébral

Il s’agit d’un syndrome du tronc cérébral.

On observe une baisse de vigilance chez le chien, un déficit atteignant divers nerfs du crâne, une ataxie vestibulaire : le chien a des troubles de l’équilibre lors de la station debout ou au cours de la marche et un manque de coordination des mouvements.

La tumeur est localisée dans le cervelet

Il s’agit d’un syndrome cérébelleux.

On observe également une ataxie, des tremblements et une anomalie du port de la tête.

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Symptômes des tumeurs cérébrales au cours de l’évolution de la maladie

Les méningiomes sont caractérisées par une évolution lente et progressive des troubles.

Lors de tumeur plus agressive, de tumeur secondaire ou de tumeur osseuse du crâne, les troubles peuvent avoir une évolution plus rapide.

Dans tous les cas, on observe une compression cérébrale. Cette dernière entraîne une augmentation de la tension intracrânienne.

Le symptômes sont :

• Le port de tête est anormal.

• Le chien pousse sa tête contre un mur (appelé pousser au mur).

• Il tourne en permanence sur un cercle fictif…

L’aggravation est progressive.

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Diagnostic des tumeurs cérébrales chez le chien

Au vu des signes cliniques, le vétérinaire confirme son diagnostic en demandant des examens complémentaires :

• Un examen du liquide céphalo-rachidien (liquide dans lequel baignent le cerveau, le cervelet et la moelle épinière) révélant une augmentation de la pression intracrânienne.

• Une scintigraphie : une technique d’imagerie médicale qui produit une image par l’administration d’un traceur radioactif.

• Un scanner ou une IRM : ce sont les examens les plus fiables permettant une localisation précise de la tumeur et d’envisager son retrait suite à une intervention chirurgicale.

• Une biopsie : une analyse histopathologique consistant à prélever sous anesthésie générale un fragment de tissus sur le site de la tumeur.

Suite à la biopsie, le prélèvement récupéré est ensuite analysé et examiné au microscope dans un laboratoire d’histologie afin de déterminer si la tumeur est cancéreuse ou non. En cas de tumeur maligne, l’histologie permet de préciser son type (pour un gliome : astrocytome, oligodendrogliome…), son grade (développement plus ou moins rapide de la tumeur) et son stade (avancée du cancer dans l’organisme et formation de métastases).

Traitement des tumeurs cérébrales chez le chien

Suite au diagnostic qui aura permis de déterminer précisément la nature de la tumeur, sa localisation, son grade et son stade, le vétérinaire vous exposera les différentes possibilités de traitement

Vous pourrez discuter avec lui afin d’y voir plus clair concernant : le pronostic de la tumeur, les chances de guérison complète ou de survie, la durée de rémission, les traitements possibles, leur coût, leurs contraintes et leurs effets secondaires…

La rémission désigne l’absence de signes cliniques de la tumeur après un traitement. Elle dépend essentiellement de la réponse tumorale : un chien dont la tumeur répond peu ou pas du tout au traitement ne présentera qu’une rémission partielle et aura une espérance de vie courte. A l’inverse, un chien dont la tumeur répond bien au traitement aura des chances de présenter une rémission complète et aura une espérance de vie plus longue.

La guérison n’est envisageable que si la tumeur a été décelée précocement, qu’elle ne s’est pas propagée à d’autres organes et qu’elle répond bien au traitement. De plus, on considère qu’une guérison ne devient réelle qu’après 2 ans de rémission.

Chirurgie des tumeurs cérébrales

La chirurgie est variable selon la localisation et le type de tumeur. Elle est plutôt réservée aux tumeurs délimitées et superficielles des régions frontale et temporale du crâne.

La chirurgie est essentiellement réservée aux méningiomes, situés à la périphérie du cerveau et donc en lisière de la boîte crânienne. Les petites tumeurs peuvent alors être retirées avec facilité.

Des récidives sont possibles. Toutefois, la repousse du méningiome est généralement lente.

Lorsque la tumeur est profonde, il est fréquent que son retrait soit incomplet car le méningiome est adhérent et a des limites mal définies.

Après le retrait chirurgical, la radiothérapie en complément de la chirurgie est alors fortement conseillée et permet ainsi de traiter les méningiomes incomplètement retirés ou de réduire au maximum les risques de récidives. Il s’agit d’une radiothérapie dite adjuvante qui, après le retrait de la tumeur, est pratiquée afin d’éliminer les éventuelles cellules cancéreuses subsistant localement.

Concernant les grosses tumeurs, des complications, comme une hémorragie puis la formation d’un œdème cérébral, peuvent se présenter lors de l’acte chirurgical et engager le pronostic vital du chien.

Les gliomes se situent au centre du cerveau et sont donc difficilement opérables.

Radiothérapie des tumeurs cérébrales

La radiothérapie est très utilisée pour le traitement des tumeurs cérébrales et permet d’augmenter la durée de survie du chien avec une diminution des symptômes.

La radiothérapie peut être pratiquée :

• Seule pour le traitement des méningiomes ou des gliomes qui se situent au centre du cerveau et sont donc difficilement opérables.

• En complément de la chirurgie pour les méningiomes.

La radiothérapie consiste à détruire les cellules cancéreuses en envoyant des rayons capables d’irradier une tumeur et ainsi de détruire les cellules qui la composent, bloquant ainsi leur capacité à se multiplier.

L’irradiation détruit les cellules tumorales tout en épargnant les tissus qui l’entourent.

Chimiothérapie des tumeurs cérébrales

La chimiothérapie désigne l’administration de médicaments qui agissent sur les cellules cancéreuses. Le traitement a pour but de détruire les cellules ou de stopper la multiplication.

La chimiothérapie comme traitement des tumeurs cérébrales est pratiquée selon le cas chez le chien.

Elle présente peu d’intérêt et est rarement utilisée en raison du faible passage de la plupart des médicaments à travers la barrière hémato-encéphalique.

La barrière hémato-encéphalique est une barrière dont la fonction est de contrôler et d’empêcher le passage des substances indésirables provenant du sang dans le liquide cérébro-spinal.

Pronostic des tumeurs cérébrales chez le chien

Le pronostic est bien sûr variable selon les cas : type de tumeur, localisation et degré de gravité (son agressivité, son grade et le stade de son avancement). Les chiens atteints d’un méningiome, par exemple, ont une espérance de vie plus longue que les chiens atteints d’un gliome.

Les traitements visent le plus souvent à améliorer la fin de vie du chien malade, de quelques semaines à quelques mois.

Lors de diagnostic précoce de la tumeur et selon sa localisation, le traitement peut donner de bons résultats : la régression ou même la disparition de la tumeur.

Les chiens ayant des déficits nerveux légers ont un meilleur pronostic que les chiens présentant des symptômes neurologiques marqués. Dans les cas les plus graves, l’euthanasie du chien est hélas souvent la seule issue.

Selon différentes études, l’espérance de vie des chiens ayant été traités par radiothérapie est la suivante :

• 50% des chiens atteints d’un méningiome sont encore en vie après 233 à 360 jours.

• 50% des chiens atteints d’un gliome sont encore en vie après 150 à 360 jours.

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Sujets en lien avec la tumeur cérébrale chez le chien

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bande-blancheDocteur Laurence Dillière Lesseur, Vétérinaire Comportementaliste

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